Faux SMS « aide carburant » : Comment repérer l'arnaque ? Lecture : 8 min
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Faux SMS « aide carburant » : Comment repérer l'arnaque ?

Un message vous annonce une « indemnité carburant » de 108,72 € et vous demande vos coordonnées bancaires ? Ne cliquez pas : c'est une arnaque. La vraie aide carburant est un versement de 100 €, automatique, sur le compte que les impôts connaissent déjà. Aucune démarche par SMS, aucun RIB à envoyer, aucune carte bancaire à saisir. Ces messages circulent depuis juin. À l'approche de la date limite du 30 septembre, ces faux SMS du type « aide carburant » deviennent plus efficaces : l'urgence pousse à cliquer sans réfléchir. Voici comment les repérer et reconnaître les signes en quelques secondes, et quoi faire si vous êtes tombé dans le piège.


À quoi ressemble le faux message ?

Le scénario est toujours le même. Vous recevez un SMS ou un e-mail avec un objet du type « AIDE CARBURANT ». Il vous promet 108,72 € et affirme que « votre dossier a été vérifié » et que vous êtes éligible. Un compte à rebours arrive dans la foulée : « 5 jours pour finaliser votre demande ».

Le lien mène vers un faux site qui copie l'habillage des sites de l'État : bandeau Marianne, menus, couleurs officielles. Des adresses comme la-nouvelle-info-france.com ou france-carburant.com ont été repérées. Le formulaire réclame vos nom, adresse, date de naissance, e-mail, téléphone… puis vos coordonnées bancaires.

Les escrocs ne visent pas seulement votre argent. Vos données personnelles valent cher : elles sont revendues ou réutilisées pour d'autres fraudes.

4 signes qui ne trompent pas

1. Le montant n'est pas rond

La vraie aide s'élève à 100 €. Un montant précis comme 108,72 € sert à faire « sérieux » et personnalisé. C'est un leurre.

2. Le lien ne finit pas par .gouv.fr

Regardez ce qui s'affiche juste avant le premier « / » de l'adresse. Un site officiel se termine par .gouv.fr. Un « .com », un « .info » ou un nom qui imite l'État (« info-france », « france-carburant ») doit vous alerter. Côté e-mails, l'administration fiscale n'écrit que depuis des adresses en @dgfip.finances.gouv.fr.

3. On vous demande un RIB ou une carte bancaire

C'est le signe décisif. Le versement arrive tout seul sur le compte déjà connu des impôts. Si un message vous réclame un RIB, un numéro de carte ou de petits « frais de dossier », c'est faux, sans exception. L'administration fiscale précise d'ailleurs qu'elle ne vous envoie jamais de mail pour vous inviter à remplir un formulaire en ligne.

4. Le message met la pression

« 5 jours pour finaliser », « dernier délai », « dossier bloqué » : l'urgence est l'arme préférée des fraudeurs. Une administration réelle ne vous laisse pas 48 heures pour donner vos données par SMS. Respirez, ne cliquez pas, et allez vérifier vous-même.

Pour savoir si vous avez droit à la vraie aide, suivez notre guide : aide carburant de 100 € : tout savoir pour la demander. Vous y verrez que la démarche officielle passe uniquement par votre espace sur impots.gouv.fr.

 

J'ai cliqué : que faire ?

Pas de panique. Cliquer sur un lien ne signifie pas que vous êtes piégé. Tout dépend de ce que vous avez saisi ensuite.

Vous avez seulement ouvert la page. Fermez-la, supprimez le message, et signalez-le (voir plus bas). Par prudence, surveillez vos comptes ces prochains jours.

Vous avez rempli le formulaire ou donné des données bancaires. Agissez vite, dans cet ordre :

  1. Appelez votre banque immédiatement pour faire bloquer votre carte et contester toute opération suspecte.
  2. Changez les mots de passe des comptes concernés, et de tous ceux qui utilisent le même. Activez la double authentification quand elle existe.
  3. Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
  4. Si vous avez besoin d'être écouté, contactez France Victimes au 116 006 (gratuit) ou Info Escroqueries au 0 805 805 817.

Restez aussi méfiant face aux appels ou SMS qui pourraient suivre, notamment de faux conseillers bancaires. Pour élargir votre vigilance, lisez aussi les 5 arnaques écologiques les plus fréquentes en ligne.

Signaler au 33700 : le réflexe qui protège les autres

Signaler prend 30 secondes et aide à couper les numéros frauduleux.

  • SMS : transférez-le, sans commentaire, au 33700. C'est gratuit. Vous pouvez aussi passer par le site 33700.fr avec une capture d'écran. Les signalements sont transmis chaque jour aux opérateurs, qui peuvent couper les numéros utilisés.
  • E-mail : signalez-le sur Signal Spam.
  • Faux site : déclarez-le sur Phishing Initiative ou sur la plateforme Pharos.

Ensuite, supprimez le message. Ne répondez pas et n'ouvrez ni lien ni pièce jointe.

À retenir : la vraie aide carburant arrive seule, sur le compte connu des impôts. Tout message qui vous demande un RIB, une carte bancaire ou qui presse la décision est une arnaque. Dans le doute, tapez vous-même impots.gouv.fr dans votre navigateur.

 

Questions fréquentes sur les faux SMS aide carburant

Où signaler un faux e-mail « aide carburant » ?

Le 33700 ne concerne que les SMS et appels. Pour un e-mail frauduleux, utilisez Signal Spam (signal-spam.fr) en quelques clics. Pour un faux site, déclarez-le sur Phishing Initiative ou sur la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr), gérée par la police. Ne cliquez sur rien avant de signaler.

Source : CNIL ; Cybermalveillance.gouv.fr

Que deviennent les SMS que je transfère au 33700 ?

La plateforme, gérée par la DGCCRF, les collecte et les transmet chaque jour aux opérateurs télécoms. Ceux-ci analysent les fraudes, puis peuvent couper les numéros utilisés, voire déposer plainte. Le service est gratuit, par transfert du SMS ou via le site 33700.fr avec une capture d'écran.

Source : economie.gouv.fr (DGCCRF)

Comment vérifier qu'un mail vient vraiment des impôts ?

Regardez l'adresse de l'expéditeur : l'administration fiscale n'utilise que des adresses en @dgfip.finances.gouv.fr. Elle ne vous envoie jamais de courriel pour vous inviter à remplir un formulaire en ligne. En cas de doute, saisissez vous-même impots.gouv.fr dans votre navigateur, sans passer par le message.

Source : impots.gouv.fr

Faut-il porter plainte si j'ai communiqué mes coordonnées bancaires ?

Oui. Prévenez d'abord votre banque pour bloquer la carte et contester les opérations suspectes, puis déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Changez aussi vos mots de passe. Un simple clic sans saisie de données ne justifie pas forcément une plainte : signalez le message.

Source : Cybermalveillance.gouv.fr

Qui peut m'aider si je me sens victime d'une arnaque ?

Deux numéros gratuits existent : France Victimes au 116 006, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h, pour être écouté et orienté, et Info Escroqueries au 0 805 805 817, en semaine de 9 h à 18 h 30, pour être conseillé sur les démarches.

Source : Cybermalveillance.gouv.fr

 


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