1. Vérifiez la qualité de l’air avant d’ouvrir
Ne vous fiez pas uniquement à l’odeur. Certaines particules peuvent être présentes dans l’air sans que la fumée soit clairement visible.
Consultez l’indice ATMO de votre commune ainsi que les informations communiquées par la préfecture, la mairie, les pompiers ou l’Association agréée de surveillance de la qualité de l’air de votre région. L’indice ATMO prend notamment en compte les concentrations en particules PM10 et PM2,5.
Même s’il fait plus frais la nuit, évitez donc d’ouvrir automatiquement les fenêtres. Attendez une amélioration confirmée de la qualité de l’air et des consignes locales.
2. Fermez rapidement les portes et fenêtres
Dès que des fumées arrivent dans votre secteur, fermez les fenêtres, les portes donnant sur l’extérieur et les autres ouvertures. Limitez également les allées et venues, car chaque ouverture fait entrer de l’air pollué.
L’Anses recommande, pendant les épisodes de fumées, de :
- Garder les portes et fenêtres fermées,
- Occulter temporairement les aérations avec des linges humides
- Arrêter la ventilation mécanique contrôlée.
Ces mesures doivent être appliquées pendant la durée de l’épisode et adaptées aux instructions des autorités locales.
Fermez parallèlement les volets et les stores exposés au soleil. Vous empêcherez ainsi une partie de la chaleur de pénétrer dans le logement.
3. Créez une pièce où l’air reste plus propre
Choisissez une pièce comportant peu de fenêtres, de préférence située du côté opposé à l’arrivée des fumées. Une chambre au nord, une pièce centrale ou un espace situé à un étage inférieur peut convenir.
Fermez la porte et installez-y en priorité les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes ainsi que les personnes asthmatiques ou souffrant d’une maladie respiratoire ou cardiovasculaire. Ces publics sont plus sensibles aux polluants contenus dans les fumées.
Un purificateur d’air doté d’un filtre HEPA peut compléter cette protection. Il doit être adapté à la superficie de la pièce et ne pas produire d’ozone. Il ne dispense toutefois pas de fermer les ouvertures ni de respecter les consignes de sécurité.
4. Rafraîchissez les occupants plutôt que l’air extérieur
Sans climatisation, l’objectif est de rafraîchir les personnes sans faire entrer les fumées.
Buvez régulièrement, passez un linge humide sur le visage, les bras et la nuque, prenez une douche tiède ou fraîche et portez des vêtements légers. Un ventilateur peut être utilisé dans la pièce fermée pour améliorer la sensation de fraîcheur.
En revanche, ne placez pas le ventilateur devant une fenêtre ouverte : il aspirerait l’air enfumé vers l’intérieur. Éteignez également les appareils électriques inutiles, les plaques de cuisson et les éclairages qui produisent de la chaleur.
Lorsque la température du logement devient dangereuse, notamment pour un bébé, une personne âgée ou malade, il peut être préférable de rejoindre un lieu plus frais situé hors du panache de fumée. Cette décision doit tenir compte des consignes d’évacuation ou de confinement diffusées localement.
5. Ne polluez pas davantage l’air intérieur
Lorsque le logement reste fermé, les polluants produits à l’intérieur s’accumulent plus facilement. Évitez de fumer, d’allumer des bougies ou de l’encens et d’utiliser des aérosols ou des parfums d’ambiance.
Limitez aussi les cuissons qui génèrent beaucoup de fumée, comme les grillades, les fritures ou la cuisson à feu très vif. Privilégiez des repas froids ou l’utilisation brève d’un micro-ondes.
Bon à retenir : pour nettoyer les poussières déposées, utilisez un chiffon ou une serpillière humide. Évitez le balayage à sec, qui remet les particules en suspension.
6. Aérez brièvement lorsque l’air s’améliore
Après le passage des fumées, le logement doit être aéré, mais pas n’importe quand. Vérifiez d’abord les données locales de qualité de l’air et l’évolution du panache.
Lorsque les conditions redeviennent favorables, ouvrez largement plusieurs fenêtres pendant quelques minutes afin de renouveler rapidement l’air. Refermez-les si l’odeur de fumée revient ou si la qualité de l’air se dégrade.
L’Anses recommande de n’aérer que lorsque les conditions extérieures le permettent. Une fenêtre entrouverte pendant plusieurs heures est donc moins adaptée qu’une aération courte réalisée au bon moment.
7. Réduisez les sorties et surveillez les symptômes
Pendant l’épisode, reportez le sport, le jardinage et les travaux physiques en extérieur. Réduisez le temps passé dehors, en particulier pour les enfants et les personnes fragiles.
Lorsqu’une sortie est indispensable, un masque FFP2 ou FFP3 correctement ajusté peut réduire l’exposition aux particules fines. Il ne filtre cependant pas l’ensemble des gaz contenus dans les fumées et ne remplace ni la mise à l’abri ni les consignes des autorités. Les masques chirurgicaux ou en tissu ne constituent pas une protection suffisante contre les particules les plus fines.
Soyez attentif à une irritation persistante des yeux ou de la gorge, une toux importante, une respiration sifflante, un essoufflement inhabituel, une oppression thoracique ou une aggravation de l’asthme. En cas de gêne respiratoire marquée ou de symptômes soudains, contactez le 15 ou le 112.
Fumée et chaleur : trouvez le bon équilibre
Pour protéger son logement, la règle est simple :
- Surveiller la qualité de l’air ;
- Fermer les ouvertures pendant le passage des fumées ;
- Créer une pièce plus propre ;
- Rafraîchir directement les occupants.
Il ne faut toutefois pas rester enfermé coûte que coûte dans une habitation devenue excessivement chaude. Les informations locales, l’état de santé des occupants et la température intérieure doivent guider la décision entre confinement, aération ponctuelle et déplacement vers un lieu plus sûr.
FAQ : Fumées d’incendies
Questions fréquentes pour compléter les 7 gestes et protéger l’air de votre logement
Les fumées restent-elles dangereuses plusieurs jours après l’extinction du feu ?
Oui. Les particules fines (PM2,5) et les suies se déposent sur les surfaces (meubles, textiles, sols) et peuvent se remettre en suspension pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines si le nettoyage n’est pas adapté.
Les autorités sanitaires recommandent un nettoyage humide (chiffon ou serpillière) plutôt qu’un balayage à sec ou un aspirateur classique, qui redisperse les particules. Les textiles (rideaux, housses) doivent être lavés dès que possible.
Le masque FFP2 protège-t-il vraiment contre toutes les fumées d’incendie ?
Le masque FFP2 (ou FFP3) filtre efficacement les particules fines (au moins 94 % des PM), mais ne protège pas contre les gaz tels que le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote ou certains composés organiques volatils présents dans les fumées.
Il reste le meilleur équipement individuel disponible pour les sorties indispensables. Les masques chirurgicaux ou en tissu n’offrent quasiment aucune protection. Le confinement reste toujours prioritaire.
Peut-on fabriquer un purificateur d’air efficace soi-même ?
Oui. Un ventilateur de boîte récent (après 2012, certifié) associé à un filtre MERV 13 (ou équivalent) peut réduire significativement les PM2,5 en intérieur. Les études (EPA, centres de santé canadiens) montrent une efficacité comparable à certains purificateurs commerciaux sur de courtes périodes.
Conseils de sécurité : utiliser un ventilateur avec protection thermique, remplacer le filtre dès qu’il est sale, et ne pas laisser l’appareil sans surveillance prolongée. Ce dispositif reste une solution d’urgence, pas un remplacement permanent d’un purificateur HEPA certifié.
Comment protéger les chiens et les chats des fumées ?
Les animaux respirent le même air que nous et sont particulièrement sensibles (surtout les races brachycéphales, les jeunes et les vieux). Gardez-les à l’intérieur, dans la pièce la plus propre, avec la VMC coupée.
Limitez les sorties aux besoins stricts (quelques minutes). Surveillez les signes d’irritation : yeux rouges, toux, respiration rapide, perte d’appétit. En cas de symptômes, contactez un vétérinaire. Préparez à l’avance cage de transport, laisse, médicaments et nourriture pour une éventuelle évacuation.
Faut-il privilégier la protection contre la chaleur ou contre les fumées sans climatisation ?
En cas d’épisode combiné chaleur extrême + fumées, la priorité est d’éviter le coup de chaleur, surtout chez les personnes fragiles. Si la température intérieure devient dangereuse (> 32-33 °C ressentie), il peut être nécessaire d’ouvrir brièvement les fenêtres même si l’air extérieur n’est pas parfait, ou de se rendre dans un lieu climatisé / un centre de fraîcheur.
Les autorités rappellent que le confinement strict n’est plus adapté si le logement devient un piège thermique. Surveillez les symptômes de déshydratation et de coup de chaleur en parallèle des signes respiratoires.
Comment nettoyer le logement après le passage des fumées ?
Attendez que l’indice de qualité de l’air (Atmo) indique une nette amélioration. Aérez longuement toutes les pièces, puis :
- Nettoyez toutes les surfaces à l’humide (chiffon microfibre + eau ou produit doux)
- Lavez textiles, rideaux, housses de canapé
- Évitez l’aspirateur classique, le balayage à sec et le nettoyeur haute pression (ils remettent les particules en suspension)
- Remettez la VMC en service une fois l’air extérieur redevenu correct
Les personnes sensibles doivent porter un FFP2 pendant le nettoyage.
Combien de temps peut-on rester confiné sans aérer ?
Il n’existe pas de durée unique. Dans une pièce bien isolée avec peu d’occupants, on peut tenir plusieurs heures, voire une nuit. Au-delà, le taux de CO₂ et l’humidité augmentent, ce qui peut générer inconfort et, à long terme, favoriser les moisissures.
Surveillez l’indice Atmo et les bulletins locaux. Dès que la qualité de l’air s’améliore, aérez brièvement mais efficacement (courant d’air de quelques minutes). Si la température intérieure monte trop, le risque thermique devient prioritaire.
Quels signes d’alerte surveiller chez les enfants et les femmes enceintes ?
Ces populations figurent parmi les plus vulnérables selon l’Anses. Signes à surveiller en priorité :
- Toux inhabituelle, sifflements, essoufflement
- Irritation des yeux ou de la gorge persistante
- Fatigue excessive, maux de tête, nausées
- Chez le jeune enfant : modification du comportement, difficultés à s’alimenter ou à dormir
En cas de gêne respiratoire importante ou de symptômes inhabituels, contactez un médecin ou le 15. Ne pas attendre que la situation s’aggrave.