Les alternatives au carburant pétrolier pour nos voitures Lecture : 7 min
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Les alternatives au carburant pétrolier pour nos voitures

Plus écologiques, éventuellement plus économiques, mais rarement exploitées pleinement, les alternatives au gasoil et à l’essence pour faire rouler nos automobiles existent.


Plus écologiques, éventuellement plus économiques, mais rarement exploitées pleinement, les alternatives au gasoil et à l’essence pour faire rouler nos automobiles existent.

Pourquoi chercher une alternative au gasoil ?

C’est vrai, après tout, elle roule très bien comme ça, notre petite voiture ! Pourquoi vouloir changer ? Au-delà du prix à la pompe qui ne cesse d’augmenter, voici quelques arguments en faveur d’une transition vers des énergies plus propres.

Le peak oil, le moment où rien ne va plus

Notre économie mondiale est en partie basée sur le pétrole. Son extraction, son prix, et les stocks disponibles font un peu la météo en bourse, mais aussi dans les relations géopolitiques. Petit à petit, nous entendons parler du « peak oil » (pic pétrolier en français), sans bien savoir à quoi cela correspond. C’est très simple, ce terme désigne le moment où la production pétrolière atteint son maximum. Elle ne pourra alors que décroître par la suite, les réserves commençant à s’épuiser.

Cette date n’est (a priori) pas encore arrivée, même s’il est finalement assez compliqué d’estimer réellement les réserves mondiales d’hydrocarbures. Une association, l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil) essaie pourtant au travers de nombreuses études d’évaluer les réserves restantes. La tâche est complexe, aussi, il n’est pas possible à ce jour de donner une date précise. Quoi qu’il en soit, ce moment finira par arriver, et mieux vaut l’anticiper au plus vite, pour une transition en douceur.

Le gasoil ou l’essence : bonnet blanc et blanc bonnet

Rien ne sert de savoir si c’est plutôt le diesel ou l’essence qui polluent le plus, trop de facteurs entrent en jeu. Kilométrage annuel, entretien de la voiture, date de mise en circulation, motorisation… Ces paramètres influent grandement sur le taux de CO2 rejeté dans l’atmosphère. Aussi, ne croyez pas que repasser à un véhicule essence changera la face du monde.

Effectivement, le diesel est pointé du doigt à cause de la production de NOx (oxydes d’azote) et de particules fines, qui, sans entrer dans le détail, sont des éléments reconnus comme nocifs pour la santé. Les moteurs à essence sont quant à eux, mis au piquet pour leurs émissions de CO2, également nocifs pour l’appareil respiratoire. Alors, que faire ? Jetons un œil aux alternatives ! 

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Des alternatives au pétrole existantes, mais peu exploitées

Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? La solution serait-elle devant notre nez ? Pas exactement, toutefois, des solutions existent déjà. Voyez plutôt.

La voiture électrique : une solution idéale ?

Elle a pourtant tout pour séduire : non polluante, silencieuse et fiable… La voiture électrique commence à se faire une place dans nos foyers. La motorisation 100 % électrique est effectivement une bonne idée pour se passer des hydrocarbures. Mais pourquoi est-ce les ventes ne connaissent pas un véritable « boom » sur ce type de véhicules ? Premièrement ces automobiles sont relativement chères à l’achat. Encore très peu présente sur le marché de l’occasion, leur acquisition est donc freinée. D’autre part, l’infrastructure nécessaire. Nombre de particuliers sont réticents à l’idée de faire installer une prise dédiée chez eux, et de devoir ajuster leur abonnement d’électricité en conséquence. Ensuite, l’autonomie kilométrique est un sujet qui revient souvent.

En effet, ces véhicules ne peuvent parcourir que quelques centaines de kilomètres sans être rechargés. Enfin, la méconnaissance du surcoût lié à l’utilisation d’une voiture électrique, notamment le forfait de location de batterie, qui rebute beaucoup d’acheteurs potentiels. En somme, si vous roulez peu, vous aurez beaucoup de mal à rentabiliser l’achat d’un véhicule électrique. Sans parler de la difficulté rencontrée pour trouver une prise de chargement dans les lieux publics. Aussi, il y a là un véritable paradoxe : pour être rentable, la voiture électrique doit rouler beaucoup. Néanmoins, son utilisation est restreinte aux « petits trajets » du fait de son autonomie et du manque de bornes de rechargement.

La voiture au gaz : le compromis parfait ?

Rappelez-vous il y a de cela quelques années, on parlait beaucoup des voitures roulant au GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié). On parle maintenant de CNG (Compressed Natural Gas). Beaucoup moins polluant que nos carburants habituels, cette alternative a le vent en poupe. Contrairement aux GPL, leur stationnement n’est pas interdit dans les parkings souterrains notamment. Il existe aussi le cousin du CNG, le LNG (liquefied natural gas) ou gaz naturel liquéfié. C’est le même carburant, mais obtenu en phase liquide par un refroidissement à -162 °C. Ses avantages ? Outre une pollution atmosphérique remarquablement moindre, son surcoût à l’achat est assez modéré. Les automobiles roulant au CNG ou LNG coûte entre 30 et 40 % moins cher à la pompe, pour une autonomie tout à fait similaire.

Les moteurs s’usent aussi moins vite, du fait du peu de résidus de combustion et le temps de recharge correspond ni plus ni moins au temps de faire le plein, comme avec un carburant classique. Enfin, les moteurs CNG sont compatibles biogaz, autrement dit, les gaz produits par la décomposition des déchets organiques. Mais alors, quels inconvénients ? Là encore, le nombre de points de distribution, essentiellement. Ce type de moteurs commence à se vendre beaucoup chez nos voisins belges, en revanche, les débuts français sont plutôt timides. Les modèles proposés sont pourtant assez nombreux, encore faut-il pouvoir faire le plein…

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Les biocarburants : une alternative au nom trompeur

Leur nom vous évoque certainement une énergie écologique, et respectueuse de la planète ? Ce n’est pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus… En effet, les biocarburants sont essentiellement des mélanges, ayant pour base des hydrocarbures fossiles. Le but étant de les diluer dans des carburants végétaux. À ce jour, aucun moteur commercial ne roule avec un carburant 100 % végétal. Pour autant, cette solution, bien que partielle, pourrait tout au moins réduire l’émission de gaz à effet de serre, et retarder le fameux peak oil. Comment sont composés les biocarburants ? C’est l’éthanol, obtenu à partir de plantes sucrières telles que la betterave, qui est ajouté à l’essence. À hauteur de 5 à 10 % pour les automobiles au moteur essence classique, et à un taux plus élevé pour certaines motorisations adaptées.

Concernant le diesel, ce sont des huiles végétales (comme le tournesol ou le colza) qui sont ajoutées, dans une proportion pouvant aller de 7 à 30 % sur certains moteurs. Aussi, le nom de biocarburant est peut-être un peu présomptueux compte tenu du taux de végétalisation du carburant. Mais tout de même, pourquoi s’en priver ? S’il est vrai que le réseau de distribution est déjà bien existant, il ne faut pas oublier non plus les surfaces agricoles mobilisées pour ce type de production. À une époque où la surface des terres de cultures viennent à poser question pour nourrir la population, cette solution n’est peut-être pas la plus efficiente. En effet, pour un gain allant jusqu’à mettons 30 % d’énergie fossile, combien d’hectares de terres agricoles seraient nécessaire ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Comme vous pouvez le constater, une transition énergétique est nécessaire, mais cependant difficile à entamer. Ce ne pourra être le fruit que d’une réflexion commune entre les gouvernements, les constructeurs automobiles et les acteurs majeurs de l’économie pétrolière... Sans oublier les citoyens eux-mêmes. Car il ne tient qu’à nous de faire évoluer, par nos choix de consommation ou nos habitudes de déplacement, la réalité environnementale dans laquelle nous vivons.