Les masques des enseignants sont-ils dangereux pour leur santé ? Lecture : 4 min
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Les masques des enseignants sont-ils dangereux pour leur santé ?

Une enquête menée par le site Reporterre a révélé que les masques en tissu distribués par l’État aux enseignants étaient traités à la zéolithe d’argent, un produit biocide ayant des effets néfastes sur les organismes aquatiques. Ces masques pourraient également être nocifs pour la santé humaine. Sont-ils dangereux pour le corps enseignant ?

Des masques en tissu traités à la zéolithe d’argent

Les masques distribués aux enseignants sont fabriqués par la marque de sous-vêtements DIM. Sur l’emballage, la mention zéolithe d’argent et de cuivre est bien indiquée. Contactée par le site Reporterre, l’entreprise a dans un premier temps nié la présence de cette substance, insistant sur le fait qu’elle n’était pas mentionnée sur son site internet, avant de faire volte-face et de reconnaître les faits.

Cependant, selon DIM, la zéolithe d’argent et de cuivre serait présente sous forme d’agent ionique : il « ne s’agit pas de nanoparticules, mais d’un traitement antimicrobien appliqué sur le tissu », a-t-elle indiqué à Reporterre.

L’Agence européenne des produits chimiques considérait en 2017 que la zéolithe d’argent était « susceptible de nuire à la fertilité » et « très toxique pour les organismes aquatiques ». Cette substance est d’autant plus problématique que, présente sur les masques, elle est inhalée plusieurs heures par jour et plusieurs jours par semaine.

Selon le site à l’origine de cette information, le masque porté par Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans un lycée professionnel de Clermont-Ferrand était un masque DIM, l’un de ceux fournis aux enseignants. Sur une vidéo devenue virale, on pouvait voir le président de la République secoué par une quinte de toux. Après avoir demandé un verre d’eau et repris la parole, il s’était interrompu à nouveau et avait réclamé « un masque plus léger ». « Je vais mettre un masque plus léger parce que j’ai dû absorber un truc du masque », avait-il déclaré, la voix enrouée.

 

Lors de la séance de questions au gouvernement du 13 octobre, Sabine Rubin, députée La France Insoumise de la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, a déclaré : « un article de Reporterre nous apprend aujourd’hui que les masques DIM que vous avez distribués aux personnels de l’éducation représentent un risque tant pour leur santé que pour l’environnement, car traités à la zéolite d’argent ». Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a répondu en évoquant de « vaines polémiques ».

Des masques distribués en nombre insuffisant et peu protecteurs

La zéolithe d’argent n’est pas le seul problème des masques distribués aux enseignants. Tout d’abord, ils ont été fournis en quantité insuffisante, chaque enseignant disposant d’un paquet contenant 5 masques pour l’année. Or, ces masques doivent être changés toutes les 4 heures, et ne supportent que 30 lavages à 60 °C, ce qui ne permet pas de couvrir les besoins nécessaires pour une année scolaire.

De plus, selon l’Agence Régionale de Santé de Bretagne, ces masques en tissu constituent « une protection insuffisante envers les enfants ». L’ARS préconise aux directeurs d’école « de doter leurs personnels de masques chirurgicaux ». Dans le cas contraire, « les enseignants seront considérés comme contacts à risque si un enfant de leur classe est testé positif au Covid-19 ».

Par ailleurs, la marque DIM indique clairement sur l’emballage des masques distribués aux enseignants qu’ils ne sont « ni un dispositif médical au sens du règlement (UE) 2017/745 (masques chirurgicaux), ni un équipement de protection individuelle au sens du règlement (UE) 2016/425 (masques filtrants de type FFP2), inclus dans la liste établie par la Direction générale des entreprises (DGE). »

En réaction à l’article du site Reporterre, le syndicat SNES-FSU, représentant les enseignants du 2d degré, a demandé la réalisation d’une expertise indépendante, et le syndicat Snudi-Force ouvrière de la Mayenne a annoncé vouloir lancer une procédure d’alerte.