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Réchauffement climatique : triste record pour le Pôle Nord en 2019 Lecture : 4 min
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Réchauffement climatique : triste record pour le Pôle Nord en 2019

Le réchauffement climatique frappe l’Arctique de plein fouet. 2019 est considéré comme la deuxième année la plus chaude depuis 1900. La température se réchauffe deux fois plus vite au Pôle Nord que dans le reste de la planète, un phénomène que les scientifiques nomment « l’amplification arctique ». Quelles en sont les raisons ? À quoi doit-on s’attendre dans les années à venir ?

D’après le bulletin annuel arctique de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), 2019 a été la deuxième année la plus chaude depuis 1900, mais aussi la deuxième année où la plus petite surface de banquise a été relevée depuis 1979.

Un pic de chaleur pour l’Arctique

En 2019, il a fait en moyenne 1,9 °C de plus qu’entre 1981 et 2010, à savoir les deux décennies durant lesquelles le réchauffement climatique a réellement commencé à sévir en Arctique. Au cours des six dernières années, tous les records précédents ont été battus.

Le pôle Nord se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les climatologues appellent ce phénomène « l’amplification arctique ».

Pourquoi le pôle Nord se réchauffe-t-il plus vite que le reste de la planète ?

La banquise a une particularité : elle reflète les rayons du soleil. Ce pouvoir réfléchissant est nommé « albédo ». Il est exprimé en pourcentage : c’est la proportion d’énergie solaire renvoyée vers l’espace et qui ne sert donc pas à chauffer la planète.

La glace a un albédo d’environ 60 %, et la neige d’environ 90 %. En fondant, la banquise modifie cet albédo. La fonte des glaces a pour conséquence de découvrir l’océan, plus sombre, qui absorbe davantage les rayons du soleil, avec un albédo de seulement 5 à 10 %. L’eau se réchauffe, contribuant à réchauffer l’atmosphère et accentuant la fonte des glaces : c’est un cercle vicieux.

En 2019, 267 milliards de tonnes de glace ont fondu, avec comme conséquence une augmentation du niveau de la mer de 0,7 mm.

Le permafrost et le pergélisol menacés par le réchauffement climatique

Le permafrost est une couche de terre, de roche ou de sédiments qui a pour particularité de rester gelé en permanence au-delà de 60 degrés de latitude nord. Il recouvre aujourd’hui environ 25 % de l’hémisphère Nord.

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ne prévoyait pas sa fonte avant 2090. Or le permafrost des îles arctiques du Canada a déjà commencé à fondre, avec 70 ans d’avance…

Le permafrost, réservoir de gaz à effet de serre

Le permafrost, qui contient quantité de matières organiques et végétales, est un immense réservoir de CO2. S’il fondait, il pourrait libérer une quantité de gaz à effet de serre équivalente à quatre fois, celle engendrée par les activités humaines depuis le milieu du 19e siècle !

La libération d’une telle quantité de gaz à effet de serre aurait pour conséquence d’aggraver davantage le réchauffement climatique.

Le permafrost contient également des virus et bactéries

Autre information inquiétante : le permafrost renferme également des bactéries et virus parfois disparus depuis des dizaines d’années. En fondant, ils pourraient infecter les populations avoisinantes…

Ainsi dans la péninsule de Yamal, située à 2500 km au nord-est de Moscou, plusieurs personnes ont été infectées par le virus de l’anthrax, disparu dans cette région depuis 75 ans. Le virus est vraisemblablement réapparu à cause du dégel d’un cadavre de renne infecté.

L’Institut de recherche russe d’épidémiologie affirme qu’il subsiste également dans le permafrost des traces du virus de la variole, remontant à la fin du 19e siècle. Les scientifiques ont également découvert des virus, qu’ils nomment « virus géants » datés de 30 000 ans.

Le dégel du permafrost est donc une véritable bombe à retardement, tant sur le plan climatique que sanitaire.

D’ici 2030, la glace recouvrant l’océan arctique pourrait avoir totalement disparu en été. Seule une réduction draconienne des émissions mondiales de gaz à effet de serre pourrait stabiliser la situation en Arctique.