La permaculture : lancez-vous avec nos astuces de feignants et de radins ! Lecture : 11 min
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La permaculture : lancez-vous avec nos astuces de feignants et de radins !

Les produits chimiques, les additifs, les engrais et autres pesticides.. Y’en a marre ! Mais comment faire pour améliorer les choses et se débrouiller par soi-même efficacement ? Changer les choses oui, mais par quel biais ? La permaculture est une excellente solution.


Qu’est-ce que la permaculture ?

 

La permaculture est un concept, une philosophie de vie et un système de société alternatif. Il ne s’agit pas simplement de techniques agricoles. La permaculture se comprend sur 3 grands points importants :


Se soucier de la terre

Ne plus bouleverser les écosystèmes naturels en y incorporant des produits chimiques, mais au contraire, les harmoniser avec les lieux de vie et les activités de l’Homme.


Se soucier de l’Homme

Combler les besoins en nourriture de l’Homme mais aussi le combler de bonheur. Il ne s’agit pas de laisser la nature nous engloutir, mais de la contrôler de manière passive, pour laisser libre court à sa productivité naturelle. Les cultures sont à la fois productives et pratiques pour l’Homme. Les deux sont en accord.


Rééquilibrer notre consommation

Consommer moins certes, mais redistribuer aussi. La permaculture vise à réduire l’impact négatif de l’Homme sur la Terre. Tout le monde le sait, tout ne pousse pas partout, le but est donc de laisser la nature pousser où elle le souhaite, lui redonner sa place originelle, et redistribuer sa production là où le besoin est. Moins consommer nous permettra de mieux redistribuer les surplus, et de ne pas réclamer à la Terre plus que ce qu’elle peut nous donner.


En gros, le but c’est que ce soit bio, et intelligent. Et en en faisant le moins possible ! Plutôt séduisant non ?


Sur le plan technique, l’objectif est de ne pas utiliser d’engrais chimiques ou autres pesticides, mais d’utiliser des ressources naturelles telles que la communication entre différents écosystèmes qui se complètent (utiliser les animaux pour réchauffer une serre ou détourner l’attention des insectes détruisant vos récoltes avec d’autres plantes). Cela passe aussi par un design pratique, permettant à l’Homme d’intervenir le moins possible, voire pas du tout sur certaines zones.


On pratique le laisser vivre, et le laisser pousser en somme !

 

 

Définir son projet (et explorer la nature environnante)

 

L’avantage avec la permaculture, c’est qu’elle s’adapte. Elle peut s’appliquer à un simple potager dans un petit jardin, à un balcon, une micro-ferme, ou à une exploitation bien plus grande. Le tout est de définir son projet.


En premier lieu, observez. Regardez l’espace que vous destinez à la culture, et identifier ce qui pousse naturellement, et comment évolue l’espace. Le but est de ne pas chambouler l’écosystème existant, vous devrez donc faire pousser des trucs en cohérence avec son milieux. Eh oui, désolé, mais faire pousser un bananier dans un petit pot sur le coin de votre fenêtre, ce n’est peut-être pas pour tout de suite. Par contre, un petit pied d’origan y sera très heureux.

 

 

 

Préparez votre terre

 

Pour bien commencer, il faut une bonne base. Le premier problème que l’on rencontre souvent, c’est les “mauvaises” herbes. Sachez qu’elles ne sont pas forcément si mauvaises que ça. Etudiez-les avant de les arracher sauvagement, elles pourraient vous être bénéfiques, tout dépend bien sur de la plante elle-même.


Avant de vous atteler à un nettoyage exhaustif, pensez aux alternatives qui épargneront votre dos. Les animaux peuvent être d’une grande aide, les cochons par exemple (comme les chèvres, les vaches..) peuvent manger les ronces, les mauvaises herbes et même certains arbustes tout en piétinant la terre, mais on a pas tous les moyens de s’occuper des ptits cochons.


La technique du super feignant

A vos marques, prêt, bâchez !

Posez simplement une bâche sur la parcelle de culture, et attendez. La décomposition des éléments vous donnera une terre prête à être exploitée, et riche. Vous pouvez obtenir le même résultat avec un simple paillage. Laissez reposer votre terre de 2 à 6 mois en fonction de la saison (préférez la fin de l’été, quand le sol est encore un peu chaud).


Les lasagnes

Alléchant non ? Pas exactement. On parle de lasagne ou de butte de culture. Le but est de créer une butte fertile à souhait. Pour cela, on place d’abord des morceaux de cartons en les croisant (cette couche peut tout à fait être remplacée par une couche de compost de votre choix), que l’on recouvre ensuite de branchages pour aérer le compost (à défaut de pouvoir le remuer). Déposez ensuite une couche de branchages broyés, ou de copeaux de bois en légère décomposition. Ajoutez des matériaux verts, de la tonte, des déchets de cuisines.. Recouvrez ensuite de feuilles, de foin, de paille, sur 10 bons centimètres. Pour finir, une bonne couche de compost. Arrosez généreusement chaques couches.
Encore une fois, ce n’est qu’une idée générale de la butte-lasagne, cherchez toujours différents conseils et avis avant de vous lancer, et adaptez vos techniques à votre terre. Résultat : une culture ultra-productive sur un espace ultra-restreint !

 

 


Les petits trucs de jardinier

 

Bon, une fois la terre préparée et les plantes plantées, y’à quand même deux trois petits trucs à savoir pour commencer. Ben oui, comment on fait pour faire communiquer les écosystèmes pour qu’ils s’entraident ? Ils ne sont pas toujours très sociables. Et puis les produits et engrais naturels, ça se trouve pas dans tous les supermarchés.
Mais ça tombe bien, on peut faire ça tranquillement chez soi avec pas grand chose !

Le composte maison par exemple. Sachez qu’il est maintenant possible de le faire en appartement, et ça pue même pas. En plus de réduire vos déchets, vous créez votre propre super engrais bio qui va booster vos plantations. Grâce aux petits vers ajoutés à l’intérieur vous obtenez un engrais en à peine 1 mois.

Voici une petite vidéo d’explication pour un lombricomposteur d’appartement :

 

 

Pour les feignants, vous pouvez aussi acheter un composteur préfabriqué sur Eco-worms.com par exemple.

 

Recyclez, et économisez

Un autre aspect très important de la permaculture, le recyclage des énergies et des matériaux, et l’économie des ressources, et de votre énergie. Ben oui, tant qu'à faire, on essaye de se fatiguer le moins possible.

Faites des économies d’eau : pensez à recycler l’eau de pluie. Il existe des bacs de recyclage à installer partout, dans votre jardin ou même à votre gouttière, avec un petit robinet pour plus de facilité. Si vous ne voulez pas vous embêter, un simple bac posé à l’extérieur suffit.

Pour économiser votre eau, et moins vous fatiguer, pensez à pailler vos cultures. La paille retiendra l’eau, pour éviter la déshydratation trop rapide de vos plantes. Et laissez simplement la pluie arroser vos cultures. Même dans les régions les plus sèches, un simple arrosage pendant les saisons de forte sécheresse peut suffire.


Plantez des plantes vivaces. Les plantes vivaces survivent toute l’année grâce à leurs souches bien implantées. Elles se recyclent naturellement, et prolifèrent à l’infinie. Ainsi, plus besoin de replanter, on économise son énergie, et son argent. Et plutôt que d’arracher les “mauvaises herbes” ou d’enlever les pieds morts pour en faire du compost, laissez-les se désintégrer tout seuls. Tout revient à la Terre ! Ils vous feront une nouvelle base naturellement prête à vous redonner tout ce qu’elle a offrir !

L’astuce radin-écolo : faites pipi sur vos plantes. Eh oui, l’urine est aussi un très bon engrais plein de minéraux ! Faites pipi sur vos arbres et arbustes chacun leur tour, ou diluer l’urine dans un arrosoir pour les plantes qui sont plus fragiles.


Comme Cendrillon au réveil, appelez vos animaux à la rescousse pour vous filer un coup de main au potager. En permaculture, tout le monde communique, les plantes et les animaux aussi.
Utilisez les déjections de vos animaux pour un bon compost bien puant mais tellement puissant.
Comme dit précédemment, pour les plus grandes parcelles, les cochons peuvent vous aider à préparer votre terre. Ils sont friands de ronces et d’arbustes en tout genre, et ils piétineront votre terre jusqu’à lui donner une seconde jeunesse.
Si vous disposez d’une serre, prévoyez un espace pour y entrer veaux, vaches, cochons, poneys, poules… Ils seront bien au chaud et réchaufferont aussi votre serre en hiver.
Les poules peuvent picorer les méchants vers qui viennent trouer vos pommes.
Certaines plantes peuvent attirer différents insectes, qui aiment parfois manger vos récoltes. Identifiez-les, et innovez. Au lieu d’utiliser du répulsif, plantez des fleurs ou d’autres végétaux pour détourner l’attention de ces petits perturbateurs.

Bref, tout ça s’adapte évidemment à votre projet et à votre terre.

 


Se lancer en tant que professionnel

 

Si vous souhaitez vous lancer en tant que professionnel, ça devient tout de suite un peu plus compliqué. Dans ce cas, le chemin est le même que pour un agriculteur classique, c’est simplement votre façon de faire qui sera différente. Bien sûr, vous pouvez déclarer votre terre comme terre agricole biologique.

Mais s’enregistrer comme agriculteur nécessite un certain niveau de formation minimum, comme le BTS agricole ou un Brevet Professionnel des Techniques Agricoles.
Vous devrez passer par là si vous souhaitez vendre votre production, ou des produits transformés. Mais si vous souhaitez simplement faire tourner à votre famille, amis, voisins, lâchez-vous sans restriction !

 


Quelques ouvrages de base sur la permaculture

 

Si vous souhaitez étudier le sujet à fond, voilà quelques ouvrages de base qui pourront vous guider :

Bill Mollison : introduction à la permaculture. Bill Mollison accompagné de David Holmgren fût l’un des premiers à décrire la permaculture, à la définir. Vous y trouverez donc toute la philosophie de base de la permaculture.

Masanobu Fukuoka : l’agriculture naturelle. Une autre approche de la permaculture dans sa globalité, et les relations entre les Hommes et la Terre.

Bernard Bertrand et Victor Renaud : le génie du sol vivant. Comprendre la vie du sol, son fonctionnement et son rétablissement.

Gérard Ducerf : l’encyclopédie des plantes bio indicatrices. Connaître les plantes, ce qu’elles disent sur votre sol, et leurs vertues comestibles et médicinales.

Ross et Jenny Mars : premiers pas en permaculture. Petit ouvrage tout simple si les gros pavés vous découragent d’avance. Les points principaux sur les techniques pour démarrer son jardin ou sa micro-ferme.

Carine Mayo : le guide de la permaculture au jardin. Des conseils pratiques pour votre potager et jardin.

 


Les Associations

 

Si vous voulez rencontrer des gens sympas, vous renseigner un peu sur les nouvelles techniques, les aides possibles pour se lancer et en savoir plus sur le monde de la permaculture, voici quelques associations engagées


- Le mouvement Colibris
- Brin de paille
- Association du Pas Sage à l’Acte
- L’inspiration engagée
- Les barges de la permaculture

 


Pour le voir en vrai

 

Il existe de nombreuses fermes et autres sites de permaculture en France qui proposent des formations, mais aussi des visites. On vous en cite quelques une juste ici : 


La ferme pédagogique Les demains dans la terre à Chauvé dans la Loire-Atlantique (44)

La ferme du Bec Hellouin en Normandie (27)

L’îlot des combes à Le Creusot dans la Saône et loire(71)

Chez Forest à Cheronnac dans le Limousin (87)

Le jardin de Kerblouze dans le Morbihan(56) à La Chappelle Neuve