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Les pêcheurs islandais ne chasseront pas la baleine cet été Lecture : 5 min
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Les pêcheurs islandais ne chasseront pas la baleine cet été

Bonne nouvelle pour les défenseurs de la faune marine, les pêcheurs islandais ne chasseront pas la baleine cet été, pour la deuxième année consécutive. Serait-ce le signe que la pêche à la baleine pourrait bientôt complètement disparaître ?

3 pays au monde chassent toujours la baleine : le Japon, la Norvège et l’Islande. En ce qui concerne ce dernier, les deux entreprises baleinières ont annoncé qu’il n’y aurait pas de chasse aux cétacés à l’été 2020. On vous en dit plus dans cet article. 

Les 2 baleiniers islandais ne prendront pas la mer cet été 

« Je ne vais plus jamais chasser la baleine, j’arrête pour de bon », a déclaré Gunnar Bergmann Jonsson, directeur de la société de chasse à la baleine de Minke IP-Utgerd, l’une des deux entreprises baleinières d’Islande.

Kristján Loftsson, directeur général de Hvalur, la deuxième entreprise qui pêche la baleine a de son côté déclaré à un journal islandais qu’il ne prendrait pas la mer non plus cet été. 

Chose étonnante, c’est la 2e année consécutive que les baleiniers décident de ne pas chasser. Ils ont bien sûr évoqué la pandémie de Covid-19 et les mesures de protection en vigueur qui sont difficiles, voire impossibles à respecter sur un navire dédié à la chasse à la baleine, mais certains commencent à penser que cette décision pourrait être permanente, et liée à d’autres raisons. 

Un changement dans les mentalités et dans les pratiques

L’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) a mené plusieurs campagnes de sensibilisation en Islande et les mentalités ainsi que le paysage économique sont en train de changer. Traditionnellement, les Islandais consommaient un peu de viande de baleine, mais avec le temps, cette consommation est devenue extrêmement faible et plutôt réservée aux touristes, curieux de goûter un plat local. 

De plus, on assiste sur l’île au développement de l’écotourisme et les visiteurs préfèrent de loin être emmenés en bateau voir les baleines plutôt que de les avoir dans l’assiette. Les revenus générés par ce tourisme profitent également à une plus grande part de la population. 

Les autorités se sont plutôt positionnées en faveur de la protection des baleines et du développement du tourisme d’observation des cétacés en créant un sanctuaire où la pêche a été interdite et dont la superficie a récemment été agrandie. 

Pour les baleiniers, cela implique une augmentation des coûts de carburant pour se rendre plus loin en mer. 

Enfin, si la viande de baleine est désormais rarement consommée en Islande, il restait jusqu’alors un marché à l’exportation vers le Japon. Là aussi les choses ont changé, les baleiniers japonais ont cessé la pêche en Antarctique et pêchent exclusivement dans les eaux japonaises pour alimenter leur marché national. Un marché qui n’est pas énorme et en constante diminution. 

Serait-ce le signe que la pêche à la baleine va bientôt s’arrêter ? 

Il n’y a que 3 pays au monde qui pêchent la baleine : l’Islande, la Norvège et le Japon. 

« Il est possible que le baleinier [islandais] M. Kristjan Loftsson » continue un été de plus, « par entêtement », a commenté Patrick Ramage, le directeur du programme de conservation marine de l’IFAW. Mais « il n’y a plus de marché intérieur pour la viande de rorqual commun » en Islande, et « le Japon ne souhaite pas importer sa viande de baleine ».

De plus, « les nouvelles réglementations islandaises en matière de sécurité alimentaire ont rendu très difficile pour lui de traiter (dépecer) les rorquals communs qu’il tue dehors en plein air, comme son père et son grand-père avant lui ».

La tradition pourrait donc s’éteindre lorsque le baleinier, désormais âgé de 75 ans, prendra sa retraite. 

En ce qui concerne le Japon et la Norvège, peut-on espérer un arrêt définitif de la chasse à la baleine ? Le Japon mise désormais « sur une chasse réduite et défaillante dans ses eaux côtières » a expliqué le directeur de l’IFAW.

« Avec l’Islande décidant de poursuivre l’observation des baleines au lieu de les chasser, l’attention internationale se tourne maintenant vers la Norvège ».

L’IFAW collabore avec des « partenaires norvégiens enthousiastes » pour sensibiliser les décideurs nationaux, mais l’interdiction définitive de la chasse à la baleine parait désormais n’être qu’une question de temps.