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Les véhicules électriques et la question épineuse du recyclage des batteries Lecture : 4 min
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Les véhicules électriques et la question épineuse du recyclage des batteries

Alors que les premières voitures électriques commercialisées il y a une dizaine d’années arrivent en fin de vie, la question du recyclage des batteries est loin d’être résolue. 700 000 tonnes de batteries seront à recycler en 2035, et les centres de retraitement ne sont pas assez nombreux en France.

Les batteries de nos véhicules électriques contiennent des métaux rares, mais aussi très toxiques et dangereux. Certaines matières sont valorisables, mais elles sont également très polluantes. L’utilisation des voitures électriques comme alternative aux énergies fossiles pose un sérieux problème quant au recyclage de leurs batteries. Pourquoi ?

Un processus de recyclage des batteries à améliorer

La société SNAM (Société Nouvelle d’Affinage des Métaux), qui possède une usine de retraitement en Isère et une autre dans l’Aveyron, recycle actuellement plus de 600 tonnes de batteries par an.

La France impose un taux de recyclage de 50 % de la masse totale d’une batterie lithium ion. La société SNAM déclare en recycler plus de 70 %.

Toutefois, le processus de recyclage en lui-même, tel qu’il est actuellement pratiqué en France, pose problème en matière d’impact énergétique.

Une fois les différents composants désassemblés (câbles, éléments du système de refroidissement, cellules, coque externe), triés et rangés séparément, les cellules ou accumulateurs passent dans un four à pyrolyse à haute température qui brûle l’électrolyte, cette substance chimique servant de conducteur, pour le neutraliser.

Problème : ces fours à pyrolyse sont chauffés au gaz à plus de 500 °C, représentant une dépense d’énergie et une émission de CO2 non négligeables.

Recyclage des batteries de voitures électriques : l’exemple allemand

Batterie voiture électrique

En Allemagne, une usine de retraitement a mis au point un procédé beaucoup plus vert. Une fois les composants désassemblés, les cellules sont mécaniquement détruites sous une atmosphère d’azote, ce qui évite tout risque d’incendie ou d’explosion, et l’électrolyte s’évapore.

Les constituants des électrodes comme le cobalt, le manganèse, l’aluminium, le lithium ou encore le nickel sont débarrassés de cette substance chimique et transformés en poudres, prêtes à être réutilisées pour fabriquer de nouvelles cellules.

Autre exemple allemand : Mercedes-Benz a développé dans différentes régions du pays trois projets de stockage stationnaire d’électricité. La dernière installation en date est implantée dans une ancienne usine à charbon.

Le principe ? Rassembler dans un même lieu une énorme quantité de batteries, soit usagées et trop fatiguées pour assurer une capacité de stockage suffisante à l’autonomie d’une batterie, soit neuves et nécessitant d’être régulièrement chargées, en raccordant l’ensemble au réseau électrique. En cas de coupure du réseau national, l’installation prend immédiatement le relai.

La voiture électrique, un véhicule vraiment écologique ?

La voiture électrique devient moins polluante qu’une voiture essence ou diesel seulement après avoir parcouru 80 000 kilomètres. Il faut en effet prendre en compte plusieurs éléments pour mesurer son impact carbone, depuis sa fabrication jusqu’à son recyclage.  

Aujourd’hui, la très grande majorité des batteries de voitures électriques sont fabriquées en Chine, pays qui utilise encore majoritairement le charbon comme source principale d’énergie, notamment pour ses industries. L’impact environnemental catastrophique du charbon vient contrer l’effet vertueux lié à l’absence d’utilisation de carburant.

Pour que la voiture électrique devienne réellement écologique, il faudrait que les énergies renouvelables se développent considérablement et que les batteries soient fabriquées en Europe.