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Alternatives saines aux pesticides

Depuis longtemps dans le collimateur des écologistes, les pesticides deviennent un réel problème de société. Responsables de nombreuses maladies, les agriculteurs tout autant que les associations sanitaires tirent la sonnette d’alarme quant à la dangerosité de ces produits chimiques.


Depuis longtemps dans le collimateur des écologistes, les pesticides deviennent un réel problème de société. Responsables de nombreuses maladies, les agriculteurs tout autant que les associations sanitaires tirent la sonnette d’alarme quant à la dangerosité de ces produits chimiques. Pourtant, de réelles alternatives existent. Plus saines, moins onéreuses et surtout apportant le même résultat, pourquoi ces solutions ne sont-elles pas plus exploitées ?

Que sont les pesticides ?

Afin que tout un chacun puisse comprendre l’intérêt des alternatives, il convient d’expliquer ce que sont les pesticides. La France est un pays autosuffisant en termes de production agricole. Cela engendre donc de grandes parcelles de cultures. Les pesticides sont des produits de synthèse, utilisés essentiellement en agriculture, mais également dans les villes et chez les particuliers, afin d’éliminer ou contrôler la prolifération d’organismes indésirables sur les plants ou récoltes. Depuis le 1er janvier 2019, ils ont été interdits pour les jardiniers amateurs.

Dès 1950, dans le but de produire toujours plus, les pesticides ont été diffusés de façon régulière sur les exploitations. La France est le troisième utilisateur de pesticides au monde, derrière les États-Unis et l’Inde.

Une fois pulvérisé sur un fruit, un légume ou une céréale, celui-ci se met certes en action, mais la poursuit aussi dans les sols (la terre), dans l’eau (nappes phréatiques) et dans l’air. Chaque fruit ou légume aspergé de pesticide va conserver des particules qui feront alors partie intégrante de l’aliment se retrouvant plus tard dans notre assiette. Ces produits chimiques sont nocifs tant pour l’environnement que pour la santé. En effet, ils ont entre autres, des répercussions sur le système immunitaire (résistance aux antibiotiques), la fertilité (stérilité), mais sont également suspectés d’être des perturbateurs endocriniens responsables, entre autres, de puberté précoce chez les enfants.

Enfin, il est bon de savoir que d’autres fongicides sont également utilisés après récolte, dans les hangars de stockage. Ceux-ci sont pulvérisés afin d’éloigner les nuisibles, mais également d’allonger le temps de conservation des récoltes. En France, plus de la moitié des fruits et légumes vendus présentent des traces de pesticides.

les avantages des pesticides

Ces produits chimiques ont la capacité d’offrir un rendement plus conséquent sur la même parcelle. Ils permettent d’éviter la déforestation, essentielle pour créer de nouvelles terres cultivables. Le second avantage réside dans le fait de lutter contre les diverses maladies, comme celles dues aux champignons parasites (mildiou).

les inconvénients des pesticides

Les pesticides ou fongicides sont des produits extrêmement dangereux et toxiques tant pour la planète que pour tous les êtres vivants. Ils sont responsables de la ratification des abeilles, de l’appauvrissement des sols, de pollution des eaux et chez l’Homme, de malformations congénitales, cancers, maladies neurologiques, etc.

Comment les pesticides font-ils partie intégrante de notre alimentation ?

Les pesticides sont pulvérisés sur les plants, mais aussi directement sur les fruits et légumes. Les résidus, même après les avoir passés sous l’eau, se retrouvent alors dans l’assiette.

La majorité des fruits et légumes contient des pesticides généralement sur la peau, mais lorsque le plant a été aspergé depuis sa plus jeune pousse, c’est toute la plante, qui porte en elle les résidus. Il en va de même avec les légumes à feuilles qui sont quant à eux entièrement contaminés.

Un simple lavage à l’eau ne les élimine pas. De même, des astuces consistant à laver les fruits et légumes à l’eau vinaigrée additionnée de bicarbonate ne serviront qu’à réduire les éventuels germes, mais non à retirer les pesticides faisant partie de l’ADN des fruits et légumes.

Est-il possible de produire sans pesticide et quelles sont les alternatives ?

Les alternatives aux pesticides ne sont pas identiques d’une production à une autre. En effet, un particulier disposant d’un petit potager pourra plus facilement utiliser des méthodes simples et naturelles, que le producteur qui a toute une exploitation à traiter. Cela étant, de véritables alternatives saines existent.

Les cultures biologiques proposent des fruits, légumes et céréales sans pesticide. Le fait est que la législation est très sévère sur la bio, mais les productions tout aussi nombreuses sans pour autant nuire à la planète et à la santé. De nombreux agriculteurs passent à l’agriculture raisonnée ou biologique, cela afin de réaliser des économies, tout en produisant autant et plus sainement.

Le savoir agricole doit être transmis en écartant la possibilité d’utiliser des pesticides pour obtenir des récoltes quantitatives. En réalité, les producteurs avertis savent qu’il est plus simple de produire plus et mieux tout en protégeant la planète et en économisant de l’argent. Voici quelques alternatives aux pesticides ayant déjà fait leurs preuves.

La préparation du sol joue un rôle clé

Un sol riche et entretenu promet toujours de belles récoltes. Respecter le temps de repos de la terre est primordial. Cela permet aux micro-organismes d’aérer la terre et de l’enrichir. Labourer sur une profondeur de 10 cm maximum est vivement conseillé, cela afin de ne pas mélanger les différentes strates de la terre, et donc, les différents écosystèmes.

Les mauvaises herbes se détruisent facilement avec de l’eau chaude. Une astuce 100 % naturelle et à la portée de tous. De même, l’inondation volontaire peut être un moyen de faire fuir les campagnols ou autres nuisibles plus imposants.

Les protections mécaniques

Des filets ou voiles de protection maintiennent les fruits et légumes hors de portée des parasites. De même, les fruitiers habituellement la proie de chenilles, fourmis, etc., peuvent être épargnés grâce à un simple ruban collant autour du tronc.

Le paillage est préconisé pour éviter les repousses de mauvaises herbes. Il est bon de savoir que certaines fleurs repoussent les nuisibles. C’est notamment le cas des œillets d’Inde, du thym, du piment ou encore de la menthe. En plantant ces fleurs dans les champs, les tomates et autres fruits et légumes seront épargnés par les pucerons. Le marc de café, la cendre, les sciures sont aussi détestés par les limaces, escargots, pucerons, etc. On appelle ces méthodes des engrais verts.

Des machines peuvent aussi débarrasser efficacement le sol des mauvaises herbes avant plantation. De même, à la main, il est possible de débarrasser les plants des parties malades.

Des concoctions naturelles à base de plantes sont extrêmement efficaces et faciles à réaliser. Leur impact sur l’environnement est nul, tout comme sur la santé tant humaine qu’animale. Le sucre, l’argile ou les huiles essentielles donnent également de très bons résultats.

Enfin, d’autres animaux peuvent être bénéfiques, comme les hérissons, les coccinelles, les perce-oreilles…, car ils se nourrissent de pucerons ou autres nuisibles, sans toucher aux fruits et légumes. Leur présence dans un champ est une bénédiction !

Informer et mettre en pratique le « biocontrôle »

Le biocontrôle est une technique visant à ne pas éradiquer les nuisibles, mais à en diminuer la population sur une exploitation. Il s’agit d’une lutte biologique bienveillante, avec des méthodes et outils respectueux de l’environnement et de la santé. Il existe 4 étapes dans le biocontrôle représentant des familles :

– Insertion des macro-organismes : organismes vivants visant à réduire les agresseurs (coccinelles, acariens…)

– Insertion des micro-organismes : champignons dont le rôle est d’infecter les nuisibles sans avoir d’effet sur la culture elle-même.

– Intervention des médiateurs chimiques : l’Homme est capable de reproduire les moyens de communication animaliers (phéromones...) afin de repousser naturellement les insectes, etc.

– Recours aux substances naturelles : émanant de végétaux, animaux ou minéraux, ces substances peuvent stimuler et renforcer les plants (purin d’orties, argile, acides aminés…).

La fabrication de « biopesticides »

Ces produits alternatifs aux pesticides toxiques sont biodégradables et engendrent un impact moindre sur la faune et la flore. Ils existent et sont tout aussi efficaces. Il suffirait de remplacer les produits toxiques par ceux-ci, afin de limiter les dégâts. Dans l’agriculture biologique, des produits fongicides spécifiques sont autorisés.

Certains sont inoffensifs, d’autres en revanche, bien que moins toxique, restent néfastes pour l’environnement et l’Homme. Chaque année, des pesticides sont interdits soit par l’Europe, soit par le gouvernement français. Mais un changement plus radical serait bienvenu.

Changer le regard et la façon de penser des consommateurs

Dans les étals des magasins, tous les fruits et légumes ont le même calibrage. Or la nature est imparfaite. Un produit de qualité n’est pas forcément un produit « beau ». Les pesticides rendent certes un fruit ou un légume plus beau à voir, mais pas forcément meilleur ni en goût ni sur l’aspect nutritionnel.

Parce que certains vins sont réputés, ils gardent automatiquement pignon sur rue. Or la plupart de ces cépages sont devenus dépendants aux pesticides. En buvant du vin, le consommateur boit aussi des pesticides. Seuls les vins bio en sont presque dépourvus, sans pour autant être décorés du label « qualité » tant par les consommateurs que les organismes certificateurs.