Écoblanchiment : comment repérer et éviter le greenwashing ?Lecture : 5 min
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Écoblanchiment : comment repérer et éviter le greenwashing ?

Inventé dans les années 1980 par Jay Westerveld, militant écologiste, le terme greenwashing, ou écoblanchiment, désigne une pratique marketing trompeuse. Une marque est dans une démarche de greenwashing lorsqu’elle fait croire à ses clients que ses produits, ses actions ou ses engagements sont écoresponsables, quand bien même ce n’est pas le cas. Comment démêler le vrai du faux, et repérer, identifier et éviter le greenwashing ?

L’importance des écolabels fiables contre l’écoblanchiment

De nombreuses marques recourant abusivement à l’argument écologique n’hésitent pas à utiliser de faux écolabels pour crédibiliser leur discours. Certaines créent même leurs propres labels, qui n’ont aucune valeur, car ils ne sont pas soumis à des contrôles indépendants.

 

Parfois, les fabricants apposent sur leurs packagings des logos qui plongent volontairement le consommateur dans la confusion. Ainsi, le fameux logo « Tidy Man », qui représente une personne jetant un déchet à la poubelle, n’indique en rien que l’emballage est recyclable, mais a simplement pour objectif d’inciter à jeter les emballages dans une poubelle plutôt que dans la nature.

Tidy man, personne propre

 

Certaines mentions, comme « préserve l’environnement », « non toxique », « non polluant » ou encore « zéro émission, zéro impact » ne sont pas protégés officiellement, et ne sont pas encadrés juridiquement. Il ne s’agit donc, en réalité, que d’affirmations invérifiables.

Il est important de s’assurer que les labels mis en avant par la marque sont de vrais écolabels, garantissant une réelle démarche écologique. C’est le cas, par exemple, du label NF Environnement et de l’Écolabel européen. Un véritable écolabel doit être attribué par un organisme indépendant, sur la base d’un cahier des charges précis, en intégrant toutes les étapes de la conception du produit.

 

Greenwashing : vérifier les étiquettes pour analyser la composition d’un produit

Sur certains produits, les marques pratiquant le greenwashing n’hésitent pas à placer quantité de mentions « sans » : sans parabènes, sans sulfates, sans chlore, etc. Si cette expression est encadrée par la loi, comme le rappelle l’Ademe, elle ne signifie pas pour autant que des produits de substitution, parfois encore plus nocifs pour la santé ou l’environnement, ne sont pas présents.

Pour s’en assurer, il convient d’apprendre à lire scrupuleusement les étiquettes, en s’aidant si besoin de certains outils comme la liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), qui permet d’identifier facilement les ingrédients des produits cosmétiques, ou encore certaines applications analysant la composition des produits alimentaires.

 

Sachez que, quel que soit le produit commercialisé, les ingrédients sont classés par ordre décroissant de poids ou de volume. Le premier ingrédient mentionné est donc celui qui est présent en plus grande quantité dans le produit. Dans le cas d’un produit alimentaire par exemple, cela vous permet de savoir si l’ingrédient censé être majoritaire l’est véritablement.

Prendre des renseignements sur l’entreprise pour identifier le greenwashing

Quelques recherches sur Internet vous permettront généralement d’en savoir plus sur une marque qui se présente comme écoresponsable. Les entreprises qui mettent en place de réelles actions en faveur de l’environnement communiquent le plus souvent à ce sujet, avec des données sourcées et vérifiables. Si tel n’est pas le cas, et que les valeurs annoncées ne sont accompagnées d’aucune preuve concrète, il y a lieu de se poser la question du greenwashing.

Par exemple, une marque qui communique sur son bilan carbone en toute transparence, alors que toutes les entreprises ne sont pas dans l’obligation de le faire, est de toute évidence dans une véritable démarche écologique.

N’hésitez pas à inspecter les mentions légales du site, et à vérifier, par exemple, l’indépendance proclamée d’une marque. Si celle-ci appartient en réalité à un grand groupe qui n’a engagé aucune action environnementale, il est légitime d’avoir des doutes quant à l’opportunisme de la marque.

Enfin, une marque qui commercialise des produits écoresponsables tout en vendant, en parallèle, des produits polluants et non éthiques n’est probablement pas la plus sincère quant à ses véritables intentions.

En tant que consommateur responsable, il nous appartient de nous informer régulièrement pour mettre le cap sur une société de consommation qui soit durable. La chanson du groupe Tryo est un joli message mettant en évidence les paradoxes de notre façon de consommer.