Confier son argent à une banque alternative Lecture : 9 min
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Confier son argent à une banque alternative

Également appelées banques éthiques, les banques alternatives séduisent de plus en plus de Français. Leurs buts ne sont pas seulement financiers, derrière, elles proposent un véritable engagement social. Développement de l’économie solidaire, aide à l’entrepreneuriat, soutien au développement durable et écologique, etc., telles sont les motivations de ces banques « propres ».


Également appelées banques éthiques, les banques alternatives séduisent de plus en plus de Français. Leurs buts ne sont pas seulement financiers, derrière, elles proposent un véritable engagement social. Développement de l’économie solidaire, aide à l’entrepreneuriat, soutien au développement durable et écologique, etc., telles sont les motivations de ces banques « propres ».

Le fonctionnement des banques alternatives

Le paysage bancaire français

85 % du marché bancaire français et détenu par la BNP, la Société Générale, le Crédit Agricole, la BPCCE et le Crédit Mutuel. Elles représentent toutes de grosses structures, s’entendant sur les produits proposés et ayant la mainmise sur le paysage bancaire de l’hexagone. Leur puissance est tellement importante, que ces banques influent directement sur l’économie du pays.

Les banques conventionnelles proposent des produits financiers, parfois alléchants, mais souvent bien plus rentables pour elles-mêmes que pour leurs clients. Elles s’enrichissent sur la pauvreté (découverts, agios, frais supplémentaires…) et ne sont guère transparentes. Rares sont les clients à savoir où va l’argent qu’ils ont fait gagner à leur banque.

Les cinq plus grandes banques de France financent également des projets internationaux, parfois avec peu d’éthique et de respect tant pour la planète que pour l’humanité.

Des alternatives voient le jour

Les banques alternatives européennes sont toutes sous la coupe de la FEBEA (Fédération Européenne de Finances et Banques Ethiques et Alternatives), ainsi que de la GABV (Global Alliance for Banking on Values). Sur le plan juridique, les banques alternatives ont, pour la plupart, un statut coopératif.

Outre le fait que les clients soient aussi sociétaires (donc associés), le fonctionnement d’une banque alternative change peu des établissements financiers conventionnels. Elles ponctionnent des frais sur l’argent du contribuable qu’elles détiennent. La différence avec les banques classiques réside essentiellement dans l’utilisation des fonds prélevés. Les banques alternatives les réinjectent principalement sous forme de prêts pour des projets à vocation sociale, écologique, culturels, etc., œuvrant pour le bien commun.

Tous les produits financiers que l’on retrouve dans les établissements financiers conventionnels sont aussi proposés par quelques banques éthiques. Ainsi, elles proposent des cartes bancaires solidaires, des solutions de financement et de placement.

Le capital est apporté par les clients, ces derniers ayant un droit de vote à l’assemblée générale. Les banques alternatives sont structurées et fonctionnent généralement sur le même mode qu’une association. Elles sont conscientes que l’argent utilisé pour du profit pur et simple provoque un dysfonctionnement économique important, favorisant les différences et les instabilités sociales.

Militantes, les banques alternatives se démarquent de bien des façons de leurs consœurs conventionnelles. Chaque euro ponctionné est systématiquement reversé à des acteurs de développement durable, écologique ou économique. Ces établissements financiers éthiques diffusent aujourd’hui leurs actions dans le monde entier, par le biais de soutien aux projets les plus nobles, justes et vitaux. Ainsi, sur le modèle de la taxe Tobin, certaines banques alternatives ont pu lever des fonds pour les injecter dans des projets au Mali, au Maroc ou encore en Inde. Autre avantage, certains clients ont eux-mêmes la liberté de reverser leurs intérêts à des organismes engagés.

Enfin, les personnes ne pouvant avoir droit à l’ouverture d’un compte dans une banque conventionnelle ont plus de chances de pouvoir le faire dans les banques alternatives.

Quelles sont les banques alternatives françaises les plus fiables ?

Le Crédit Coopératif

La toute première banque alternative française a avoir vu le jour a été le Crédit Coopératif en 1893. Avec son slogan « Une autre banque est possible », elle rassemble aujourd’hui plus de 74 000 clients et 16 000 collaborateurs (dont 62 % sont des femmes). La Banque Coopérative compte 70 agences physiques et 2 e-agences.

Elle dispose également de 4 filiales et 11 établissements associés. Avec 13 autres Banques Populaires, elles ont mis en place la BPCE (Banque Populaire Caisses d’Epargnes), étant devenues le second groupe bancaire coopératif français.

Le crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif appartient à 100 % à ses sociétaires et chacun pèse le même poids décisionnel. Pas moins de 532 sociétaires sont alors investis au sein de groupes de dialogues et de décisions sur tout l’hexagone. Cette banque alternative ne cache rien à ses sociétaires et ne possède aucun paradis fiscal et 99 % des impôts de cet établissement sont payés en France.

Enfin, le Crédit Coopératif verse environ 65 millions d’euros à 53 associations bénéficiaires. Les clients peuvent choisir où va leur argent, grâce à une communication claire et transparente de la part de l’organisme bancaire. Pour faire simple, 99 % des fonds destinés à des programmes énergétiques sont injectés dans des projets d’énergies renouvelables. Il est bon de savoir qu’en France, 1 microcrédit sur 8 est accordé par le Crédit Coopératif.

La Nef

La Nef (Nouvelle Economie Fraternelle) a vu le jour un peu plus tard, en 1978 sous la forme juridique d’une association. Initialement vouée à financer des prêts pour les écoles alternatives Steiner-Waldorf, cette coopérative de finances solidaires a rapidement connu un grand succès. Elle avait pour but de financer des projets 100 % écologiques et d’économie sociale et solidaire. Depuis 1988, elle peut proposer des crédits et des solutions de placement pour ses clients. Ce n’est que depuis cette date qu’elle devient un organisme bancaire qualifié de banque éthique.

La Nef

Suite à la loi de 1984, La Nef a dû changer de statut juridique pour devenir une société anonyme. L’association reste néanmoins viable afin de continuer à promulguer des dons. Après un partenariat avec le Crédit Coopératif, La Nef peut disposer d’une partie des fonds placés sur les comptes courants de ses sociétaires.

En 2010, la Nef crée une banque éthique et coopérative pour affirmer son indépendance et utiliser l’argent d’une manière totalement différente de celle utilisée par les organismes bancaires conventionnels. Depuis 2015, seuls les professionnels sont alors autorisés à ouvrir des comptes à vue auprès de cette banque alternative et les particuliers, quant à eux, peuvent disposer de solutions d’épargne.

L’État français rejette la demande de La Nef afin d’étendre ses services de comptes courants aux particuliers. Elle a alors décidé de recueillir 10 000 signatures pour avoir plus de poids et l’objectif a été atteint. Le dossier est donc dans les mains du ministère de l’Économie et des Finances qui devra statuer.

La Nef a mis en place deux plateformes participatives sur le net : Prêt de chez moi et Zeste.coop. Tout comme le Crédit Coopératif, la transparence de cet établissement en fait sa renommée. La liste détaillée des prêts débloqués est envoyée aux sociétaires. Ces derniers peuvent choisir les projets à soutenir.

Engagée sur le plan écologique, La Nef soutient des projets d’agriculture biodynamique, d’agriculture biologique, d’épiceries biologiques, aide au développement des énergies renouvelables et d’écoconstruction. C’est ainsi qu’elle soutient Biocoop, Terre de liens ou encore Nouveaux Robinson.

Elle compte aujourd’hui près de 37 000 sociétaires, tous engagés dans un changement économique et écologique radical.

Les autres banques alternatives en France

Il existe d’autres banques alternatives en France, mais certaines ne le sont que par antécédent historique. En effet, le Crédit Agricole, la Banque Populaire Caisse d’Epargne et le Crédit Mutuel étaient, elles aussi, des banques éthiques. Historiquement parlant, elles œuvraient sur le modèle des organismes coopératifs. Mais rapidement, elles ont emprunté la pente glissante des activités spéculatives et le financement de projets douteux (armement nucléaire, énergies polluantes, produits financiers dangereux pour les ménages, évasions fiscales…).

Pourquoi recommander les vraies banques alternatives ?

Toutes les raisons citées ci-dessus devraient déjà motiver certains Français à changer d’organisme financier. Mais, comment avoir la certitude que ces banques alternatives ne basculeront pas dans l’appât du gain ?

En réalité, rien ne le certifie. Mais pour l’heure, elles sont plus éthiques et transparentes que n’importe quel organisme bancaire ayant pignon sur rue. Elles promeuvent des projets d’utilité publique et contribuent à la solidarité commune. Les banques alternatives se refusent catégoriquement de financer l’extraction de matières premières dans le monde, et qui plus est dans les pays où les enfants sont utilisés comme main d’œuvre. Elles préfèrent favoriser les idées écologiques. Par exemple, La Nef a débloqué 620 000 euros pour l’habitat écologique en 2014, prêtés près de 40 000 euros pour la mise en place d’un élevage bovin bio en Dordogne avec transformation fromagère, etc.