Dosettes de café : comment limiter leur impact écologique ? Lecture : 8 min
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Dosettes de café : comment limiter leur impact écologique ?

Les Français déclarent pour 80 %* d’entre eux, être de grands adeptes du « petit noir » pris dès le matin ou après un bon repas. Ces consommateurs accros à la caféine sont équipés pour la plupart d’une machine à café, fonctionnant avec des dosettes individuelles. En effet, depuis une quinzaine d’années, ces dernières ont envahi nos maisons, pour faire notre café en un clin d’œil. Cependant, le café encapsulé est régulièrement épinglé pour son impact environnemental et économique. Qu’en est-il vraiment ? Pouvons-nous envisager de consommer du café en dosettes de manière éco-responsable ?


Les Français déclarent pour 80 %* d’entre eux, être de grands adeptes du « petit noir » pris dès le matin ou après un bon repas. Ces consommateurs accros à la caféine sont équipés pour la plupart d’une machine à café, fonctionnant avec des dosettes individuelles. En effet, depuis une quinzaine d’années, ces dernières ont envahi nos maisons, pour faire notre café en un clin d’œil. Cependant, le café encapsulé est régulièrement épinglé pour son impact environnemental et économique. Qu’en est-il vraiment ? Pouvons-nous envisager de consommer du café en dosettes de manière écoresponsable ?

Le marché du café encapsulé : un coup de génie marketing

Commençons par un rapide historique de l’avènement du café en dosette. Début des années 1970 : création du système Easy Serving Espresso (E.S.E.) par Illy. Un système de dosettes de café souples, et libre de droits. C’est l’ancêtre des capsules telles que nous les connaissons aujourd’hui. Ce système de dosettes a été repris, puis retravaillé par le géant Nestlé depuis 1975. Éric Favre, qui était à l’époque en charge du pôle conditionnement, met alors au point la fameuse capsule en aluminium.

La marque Nespresso est alors lancée en 1986, mais contrairement aux prévisions, le succès n’est pas au rendez-vous. Le projet est alors mis en stand-by. Ce n’est qu’à l’aube des années 2000 que la firme suisse décide de changer sa communication avec un axe marketing très différent. Spots publicitaires, ouverture de boutiques, et possibilité de commander les capsules sur internet : il s’agit de mettre le café à l’honneur comme un produit de luxe. Ce pari fonctionne, tant et si bien que le marché explose.

 

« Le leader mondial du secteur, Nespresso, écoule 9 milliards de dosettes chaque année dans les 50 pays où il est présent, soit 285 dosettes à la seconde ! Son chiffre d’affaires (666 millions d’euros en 2006) progresse de 40 % par an. » Source : Consoglobe

S’en suivent alors les concurrents directs de la marque : Senseo arrive sur le marché en 2001 avec les dosettes souples, Tasimo en 2004 avec les dosettes multiboissons et enfin, Dolce Gusto en 2006, qui dépend aussi de Nestlé, mais se positionne sur le marché grand public. Terminons par la publicité qui signa l’apogée du marché : le célèbre « What else ? » prononcé par George Clooney en personne. Le café encapsulé devient alors LE produit de prestige que chaque consommateur de café souhaite s’offrir.

Grâce à la politique commerciale menée, ce plaisir devient accessible. À l’image des imprimantes : la machine en elle-même est tout à fait abordable, ce sont les consommables qui reviennent (très) chers. Pourtant, le système fonctionne très bien : éditions limitées, circuit de distribution spécifique, livraison gratuite en magasin, élaboration de nouvelles variétés de café… Tout est pensé pour que le consommateur trouve normal de payer sa boisson beaucoup plus cher qu’un simple café filtre.

Qu’en est-il de l’impact environnemental pour ces dosettes de café ?

Qu’il s’agisse de dosettes Nespresso, Tassimo ou Dolce Gusto, nous sommes face à une production de déchet bien plus importante qu’avec du café moulu. Chaque café consommé produit un déchet. Cela représentait en 2011 pas moins de 40 000 tonnes d’aluminium, rien que pour les dosettes Nespresso.

Seules les dosettes souples tirent leur épingle du jeu, car elles sont fabriquées en cellulose qui est un matériau biodégradable. Reste alors à traiter le sachet contenant les dosettes, comme pour un paquet de café moulu.

dosette café nespresso

Mais alors, pourquoi est-ce que la marque aux dosettes colorées utilise de l’aluminium, un composant coûteux pour l’environnement, et difficile à recycler dans ce cadre ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un matériau hermétique, préservant au mieux les arômes du café. De plus, contrairement au plastique, l’aluminium contribue au positionnement haut de gamme de la marque. Si l’aluminium en lui-même se recycle très bien, cela se complique grandement lors de son traitement en centre de déchets.

En effet, il faut que le centre soit équipé d’une machine à courant de Foucault, capable d’attirer les déchets en aluminium. Une fois collectées, les capsules passent alors par un tamis pour les séparer du marc de café, et sont ensuite envoyées en fonderies, situées un peu partout en Europe. Seul hic : peu de consommateurs français ont accès à un centre de tri équipé de ce genre de machine. En effet, à ce jour, 15 % seulement des centres sont concernés.

Comment recycler ses capsules de café ?

Si vous êtes consommateur de café en dosettes, pensez-vous à les recycler ? Si tel n’est pas le cas, commencez par vous renseigner si votre commune prend en charge ce type de déchet. En mairie, ou sur le site de votre communauté de commune, vous pourrez alors consulter la consigne de tri des déchets. À défaut, posez tout simplement la question aux employés de la déchèterie la plus proche de chez vous.

Autre possibilité : rendez-vous sur le site TerraCycle. Vous visualiserez quel est le point de collecte le plus près de votre domicile, en fonction du type de capsule que vous utilisez. Vous avez même la possibilité de collecter vous-même les dosettes, et de les envoyer gratuitement via un point relais en recyclage. Vous recevez alors en contrepartie des points, à convertir en dons à des associations.

Enfin, vous pouvez également faire preuve de créativité pour recycler vos capsules, c’est ce que l’on appelle l’upcycling. Bijoux, objets de décoration, accessoires… la seule limite sera votre imagination. Internet regorge de tutoriels variés pour mettre en valeur ces déchets de manière originale. Certains en ont même créé une activité de revente de ces objets.

Les dosettes réutilisables : l’alternative idéale ?

Et si, au lieu de vous soucier du recyclage de vos dosettes de café, vous préfériez prendre le problème à sa source ? Sachez qu’il existe des dosettes de café réutilisables, pour tout type de machine. En inox ou en plastique, il existe forcément une capsule compatible avec votre cafetière. Le principe est simple : vous pouvez ouvrir et fermer la capsule, et la remplir le café moulu de votre choix. Une fois utilisée, vous videz le marc, la nettoyez, et… c’est tout. Vous n’avez plus qu’à la réutiliser pour votre prochain petit noir !

Non polluantes, économiques, ces dosettes réutilisables sont, semble-t-il, l’alternative écologique parfaite aux dosettes jetables. Vous pouvez même, dans une démarche 100 % zéro déchet, réutiliser le marc en guise d’engrais ou de gommage pour le corps. Leur seul inconvénient reste le prix : comptez entre 5 et 25 € par dosette. Néanmoins, à terme, vous ferez des économies. Considérons le prix d’un café à dosette jetable aux alentours de 35 cts, et un café filtre pour 11 cts. Il ne vous faudra alors que 20 cafés, soit moins de deux semaines à raison de deux cafés par jour, pour rentabiliser votre investissement.

Quoi qu’il en soit, même si vous n’êtes pas convaincu par cette alternative, il s’agit avant tout de consommer de manière responsable. Aussi, lorsque vous recevez à dîner, proposez un café filtre en cafetière à vos invités plutôt que d’utiliser une capsule par personne. Et lorsque vous utilisez ces dosettes, pensez à les recycler, plutôt que de les jeter aux ordures ménagères. C’est grâce à tous ces petits gestes cumulés que vous ferez une vraie différence pour l’environnement.