Pesticides à côté des habitations : donnez votre avis sur les zones d’épandage jusqu’au 1er octobre Lecture : 4 min
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Pesticides à côté des habitations : donnez votre avis sur les zones d’épandage jusqu’au 1er octobre

Une consultation publique est en ligne jusqu’au 1er octobre 2019 pour statuer sur les distances de sécurité à respecter autour des habitations sur l’épandage de pesticides dans les champs. Donnez votre avis !


Depuis le 9 septembre, les Français sont invités à donner leur avis relatif à 2 projets de textes (un décret et un arrêté) visant à protéger les personnes exposées aux épandages de pesticides dans des exploitations proches des habitations. La consultation publique est ouverte jusqu’au 1er octobre !

Les pesticides de nouveau au cœur d’une polémique

Déjà dans le viseur des écologistes et de certains agriculteurs, les pesticides font encore parler d’eux. Accusés de dénaturer le sol et les cultures, mais aussi d’être à la source de maladies neurologiques et de cancers sur les agriculteurs, les voici au cœur d’un nouveau débat. Il s’agit de délimiter une zone de sécurité sur les champs en imposant une distance à respecter avec les habitations proches, lors de l’épandage de pesticides.

En effet, les pesticides sont également accusés d’occasionner des maladies graves auprès des riverains, de nombreux maires ont donc décidé de tenter de mettre en place un arrêté anti-pesticides au sein de leur commune. Ils se sont néanmoins heurtés à des revendications de la part des agriculteurs, puis de la FNSEA, principal syndicat agricole. Daniel Cueff, maire de Langouët (35), a été le cas le plus médiatisé après avoir publié un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 m des habitations.

Épandage des pesticides

Le gouvernement a opté pour une distance sécuritaire de 5 mètres pour les utilisations de produits à visée agricoles et non agricoles, à 10 mètres pour les substances jugées comme étant les plus dangereuses et le traitement des parties aériennes pour l’arboriculture, la viticulture, les arbres et arbustes, la forêt, petits fruits et cultures ornementales de plus de 50 cm de hauteur, ainsi que les bananiers et le houblon.

Pour déterminer de telles données, l’Élysée se serait appuyé sur des rapports et avis scientifiques ainsi que sur les préconisations de l’Anses. Mais cette information ne fait pas l’unanimité ! En effet, les principaux concernés, ainsi que les ONG telles que France Nature Environnement (FNE), mais également Nicolas Hulot, ex-ministre de l’Écologie, jugent la distance trop insuffisante. L’Europe Écologie Les Verts (EELV) estime que par cette décision, le gouvernement « reconnaît enfin que les pesticides sont un grave danger pour la population », même si la décision prononcée reste purement symbolique.

Une consultation pour trancher

L’État a donc proposé une consultation publique, ouverte depuis le 9 septembre dernier. Les Français sont donc appelés à donner leur avis.

FNE appelle à une mobilisation conséquente des citoyens afin de modifier la décision du gouvernement. Les Français ont jusqu’au 1er octobre 2019 pour faire entendre leurs voix sur les distances d’épandages de pesticides à respecter pour protéger les riverains.

Dans le même temps, FNE propose une pétition pour exiger le droit de vivre loin des pesticides. Près de 17 800 personnes ont déjà montré leur soutien à cette cause en la signant.

Pourquoi ne pas généraliser cette distance ?

Le gouvernement estime qu’en généralisant les distances de protection des habitations envers les zones d’épandage, les surfaces cultivables seraient trop réduites sur tout le territoire.

Les représentants de la FNSEA se montrent également contre des mesures globales, préférant des solutions locales pour protéger les riverains. Leurs motivations sont a priori plus économiques que sanitaires, comme le précise Christiane Lambert, présidente de la FNSEA au micro d’Europe 1. En effet, elle a indiqué qu’avec de telles mesures, environ 15 % des surfaces cultivables ne pourront plus être traitées et se demande qui va payer et prendre en charge la perte de revenus que cela occasionne. Selon elle, il serait bon de se poser ces questions, car il faut aussi « raisonner économiquement ».