Comment fabriquer son bac à compost ? Lecture : 10 min
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Comment fabriquer son bac à compost ?

Le compost est un moyen facile de recycler ses déchets organiques pour obtenir un engrais naturel et très riche. Voici comment fabriquer votre propre bac à compost.


Le compost est sous les feux des projecteurs. Entre détritus et petits vers, il n’y a pas franchement beaucoup de glamour là-dedans. Pourtant, il s’agit d’un moyen facile de recycler ses déchets organiques pour obtenir un engrais naturel et très riche. Voici comment fabriquer votre propre bac à compost.

Qu’est-ce que le compost et à quoi sert-il ?

Naturel, économique, écologique et pratique, le compost est un phénomène lié au cycle de la vie. Il s’agit d’un moyen de détruire des éléments organiques vivants pour recycler ces matières en une nouvelle.

En vous promenant dans les forêts, vous avez certainement dû vous rendre compte que les feuilles des arbres tombant au sol forment une espèce de couche d’humus. Il s’agit d’une espèce de compost naturel, dans lequel des micro-organismes vont grignoter les déchets organiques, biodégradables pour les transformer en compost.

Utiliser le compost est idéal pour les plantes. En effet, il s’agit d’un excellent engrais pour le potager ou le jardin en général et son efficacité est aussi avancée que les produits des enseignes spécialisées (les produits chimiques en moins).

C’est également un moyen ultra simple de revaloriser ses déchets organiques et biodégradables. Chaque français jette pas moins de 100 kg de déchets compostables par an. Alors, ne jetez plus, compostez ! Vous vous sentez prêt ? Voici comment fabriquer votre bac à compost vous-même, en quelques heures.

Fabriquer son bac à compost

Fabriquer un bac à compost n’a rien de sorcier. C’est même très simple et à la portée de tous. Il existe trois types de bacs à compost : le tas, le fût et le composteur.

Le tas est le procédé le plus simple, mais le moins esthétique. Il faudra de surcroît le retourner régulièrement à la fourche pour aider les micro-organismes à bien travailler. Cela dit, il faudra attendre qu’il mesure 2 à 3 mètres de haut pour atteindre la température idéale.

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Le fût quant à lui reste assez avantageux, car il est parfait pour un petit jardin. Il protège les déchets des intempéries. Toutefois, certains fûts ne sont pas optimaux pour faire office de bac à compost. Il est donc préférable d’utiliser un composteur.

Le composteur est une solution rapide et efficace. Ils sont prêts à monter et déjà utilisables. Mais si vous aimez le DIY, vous pouvez tout aussi bien fabriquer le bac à compost vous-même. Il vous faudra quelques matériaux et un peu d’huile de coude pour y parvenir, mais en quelques heures, vous devriez avoir fabriqué votre joli bac à compost.

Bon à savoir : si vous vivez en appartement, il est aussi possible d’avoir son propre composteur. En effet, le lombricompostage est idéal pour éviter les odeurs et les écoulements sur le balcon.

L’emplacement

Même si cela peut paraître curieux, l’emplacement du compost est à déterminer avant de le fabriquer. Car une fois installé, il sera très difficile de le transporter. Choisissez de préférence en endroit au fond du jardin, mais restant accessible. Attention, le compost n’aime pas les résineux. Évitez donc de l’installer sous un sapin ou près de vos haies !

La taille

Adaptez le bac à compost à votre composition familiale, à la taille de votre jardin et/ou à votre consommation personnelle. En d’autres termes, il ne sert à rien d’avoir un compost géant si vous vivez seul et que vous n’avez qu’un tout petit jardin. A contrario, avoir un compost de la taille d’une boite à chaussure si vous êtes une famille de 4, risque d’être compliqué… En guise de repère, comptez 1 litre de compost pour 1 m² de jardin. Pour 100 m², il faudra alors un compost de 100 litres.

Les matériaux

Après avoir choisi l’emplacement, penchez-vous sur les matériaux que vous utiliserez. Si vous êtes bricoleur, vous pouvez utiliser du bois (palettes par exemple ou planches). Si vous n’êtes pas très habile de vos mains, les parpaings feront l’affaire ! Attention, le bois doit être traité contre les intempéries. À ce titre, utilisez de l’huile de lin (naturelle et performante) pour conserver votre bac à compost en bon état. Il existe des composteurs tout prêts en plastique. Bien qu'ils soient tout aussi performants que ceux en bois, le plastique reste tout de même assez controversé.

Les 3 règles à suivre

Il est important de suivre 3 règles incontournables :

1. Le bac à compost doit être muni de 2 trappes d’ouverture : une au-dessus pour y jeter les déchets et l’autre sur une des faces pour recueillir le compost

2. Le bac à compost doit être ajouré pour laisser passer l’air et la lumière

3. Le composteur doit être à même la terre pour que les micro-organismes puissent venir faire leur travail

L’assemblage

Le bac à compost est d’ordinaire carré ou rectangulaire. Faire un composteur en bois va demander des découpes, sauf si vos planches sont déjà à la taille du bac désiré. Si vous utilisez des palettes, vous pouvez les laisser telles quelles en les maintenant les unes aux autres. 

Si vous souhaitez utiliser des parpaings, vous n’avez qu’à les empiler en prenant soin de laisser des ouvertures entre chaque bloc pour l’aération. Pour refermer le compost, une planche en bois peut faire office de couvercle. Il est important qu’elle soit amovible pour y glisser les déchets.

Comment utiliser son bac à compost ?

C’est enfantin… Il suffit de vider vos déchets organiques dans votre bac à compost, et ce, par le couvercle supérieur. Vous pouvez donc jeter :

Les déchets verts :

- Les épluchures de fruits et légumes

- Les fruits et légumes gâtés coupés en morceaux

- Les noyaux, pépins, etc.

- Les plantes sèches

- Les branchages (fins)

- La pelouse après la tonte

- Les fleurs et feuilles

- Les mauvaises herbes

- Les restes de repas

- Les sachets de thé sans agrafes

Les déchets bruns :

- Les cartons non imprimés et coupés en petits morceaux

- Les coquilles d’œuf écrasées

- Les coques de fruits secs

- Le marc de café

- La paille ou le foin

- Le papier essuie-tout

- Le papier blanc non imprimé

- La sciure

- Les mouchoirs en papier

Attention, il faut respecter une petite règle élémentaire. En effet, si l’on met que des déchets de cuisine, le compost sera trop liquide et humide. Il faut impérativement respecter la règle des 40/60, soit 40 % de déchets verts et 60 de déchets bruns.

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Ce que l’on met moins souvent dans le bac à compost

Certains aliments peuvent se retrouver dans le compost, mais en petites quantités et souvent coupés en petits morceaux. Il existe aussi des aliments à ne jamais mettre au compost, et ce, pour diverses raisons.

Ce que vous pouvez mettre de façon exceptionnelle :

- Les agrumes sont très acides, mieux vaut les mettre au compost de façon exceptionnelle

- Les peaux d’ananas ou d’avocat sont dures et se compostent mal

- Les épluchures de pommes de terre doivent être coupées en petits morceaux

- Les cendres doivent être vidées avec parcimonie, certains préfèrent éviter de les y glisser

- Les résidus de toilettes sèches doivent avoir été au repos pendant quelques mois avant d’être glissés dans le compost

- Les litières à chat sont compostables seulement si elles sont biodégradables, mais il ne faut pas les y jeter régulièrement

- Les laitages en très petites quantités

- Les restes alimentaires (sauces, huiles, graisses, etc.) sont à répartir et à ne pas mettre régulièrement

Ce que l’on ne met jamais dans le compost

Il existe aussi certains éléments à ne pas mettre au compost. Voici une liste non exhaustive :

- Les restes de viande et poissons sont à bannir, car ils attirent les rongeurs et les mouches

- Les coquilles de crustacés ne se compostent pas

- Les sacs plastique biodégradables ne le sont pas réellement, évitez donc de les composter

- Le charbon du barbecue et le charbon de bois - Le bois - Les couches de bébé (même biodégradables)

- Le métal ou le fer

- Les feuilles vernissées (laurier, lierre…), les plantes rampantes et les résineux

- De manière générale, tous les végétaux traités

- Les matières synthétiques

- Les mégots de cigarette

- Les cailloux

- La poussière (aspirateur, poussière ménagère…)

- La terre et le sable

Quand utiliser son compost ?

Après quelques mois, votre compost est sûrement déjà prêt. Il doit présenter une couleur très foncée, avec un aspect homogène. Il doit aussi dégager une odeur de tourbe. Sa texture doit être friable et fine. Il s’utilise alors dans le potager, mais également dans divers pots de plantes pour les enrichir. L’idéal est de l’épandre à la fin de l’hiver pour recevoir les semis et les premières plantations. Sur les plantes, il faut l’ajouter lorsqu’elles en ont le plus besoin, c’est-à-dire en période de croissance. Sur les plantes d’intérieur, l’ajout tout au long de l’année est conseillé.

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Les petites astuces

Il est tout à fait possible d’utiliser un activateur de compost. Il s’agit d’une méthode 100 % naturelle, pratiquée en agriculture biologique pour améliorer la décomposition des déchets.