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Élisabeth Borne veut bannir les utilisations non agricoles de produits phytosanitaires avant l'été Lecture : 5 min
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Élisabeth Borne veut bannir les utilisations non agricoles de produits phytosanitaires avant l'été

En 2018, la vente de produits phytosanitaires a fortement augmenté malgré les plans gouvernementaux dont l’objectif était de réduire leur utilisation. Élisabeth Borne souhaite cependant poursuivre la politique de restriction avec une interdiction des pesticides pour tous les usages non agricoles, et ce avant l’été 2020.

Les chiffres annoncés dans un communiqué commun des ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique, concernant les ventes de pesticides sur l’année 2018 sont effarants : + 21 %. C’est un constat d’échec des plans gouvernementaux qui avaient pour but la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Cependant, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne ne baisse pas les bras et déclare vouloir « donner un nouveau souffle [à ces plans], car nous n’avons pas d’autre choix que d’aller vers une société moins dépendante des produits phytosanitaires ». Elle souhaiterait ainsi interdire tous les usages non agricoles de pesticides avant l’été 2020. Le point sur la situation.

Les ventes de pesticides en forte hausse sur l’année 2018

« Après une légère baisse en 2017, le comité a constaté une augmentation globale forte (+21 %) des quantités vendues de produits phytopharmaceutiques en 2018 », ont fait savoir les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique dans un communiqué commun.

Le même jour, l’UIPP — association des producteurs et vendeurs de produits phytosanitaires — annonçait quant à elle une hausse des ventes de seulement 8 % sur la même année. 

Le gouvernement pense que cette hausse est due au fait que certains agriculteurs auraient acheté de plus grandes quantités de pesticides en 2018 pour les stocker en prévision de l’augmentation des taxes sur les produits phytosanitaires au 1er janvier 2019. 

Mais cet argument ne convainc pas François Veillerette, le président de Générations Futures et du réseau européen Pesticide Action Network :

« Qu’il y ait une petite partie de l’augmentation qui soit liée à quelques stocks qui aient pu être faits par-ci par-là pourquoi pas, mais les stocks de pesticides coûtent cher. Or, on nous dit que les agriculteurs ont des difficultés financières, qu’ils n’ont pas de trésorerie. Une grosse partie des agriculteurs n’ont pas pu faire ça ». 

« Nous, on n’y comprend plus rien », a déclaré Éric Thirouin, le secrétaire général adjoint de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) concernant la différence entre les chiffres du gouvernement et ceux des professionnels du secteur. 

Ce qui est certain, c’est que « la politique menée depuis 10 ans ne produit pas les résultats attendus », a concédé dans un tweet la ministre de la Transition écologique. Pourtant « il nous faut lui donner un nouveau souffle, car nous n’avons pas d’autre choix que d’aller vers une société moins dépendante des produits phytosanitaires », a-t-elle ajouté. 

Les écologistes demandent au gouvernement de réagir

L’augmentation des ventes de pesticides en 2018 consterne les associations de protection de l’environnement. La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme évoque un « échec cuisant de 10 ans de politiques publiques successives » et demande la mise en place rapide de mesures contraignantes pour les utilisateurs de produits phytosanitaires. Elle réclame l’interdiction du glyphosate pour 2021, « comme le président de la République s’y était engagé en 2017 », et une « réorientation massive des 9 milliards d’euros de la PAC, la politique agricole commune, vers l’agroécologie et l’agriculture biologique »

« On veut que le gouvernement mette les actes à la hauteur des promesses et qu’il se dote vraiment de tous les moyens pour réussir à faire de l’agriculture française une agriculture qui se passe très largement de pesticides de synthèse », a de son côté déclaré François Veillerette, le président de l’association Générations Futures. 

Élisabeth Borne souhaite interdire les usages non agricoles de produits phytosanitaires

« Le nombre et les quantités de substances les plus préoccupantes diminuent d’année en année », assurent toutefois les 4 ministères concernés.

Selon les chiffres de l’UIPP, « La quantité de produits de biocontrôle augmente, tout comme l’engagement des agriculteurs dans des démarches reconnues économes en produits phytosanitaires ».

En outre, la ministre de la Transition écologique a rappelé que les « usages non agricoles » de pesticides ont diminué de 70 %. 

« Là, on a une baisse très importante avec les interdictions qui ont été posées pour les collectivités, pour les citoyens ».

En effet, depuis 2017, l’utilisation de pesticides chimiques est interdite pour l’entretien des espaces publics comme les parcs ou les cimetières, et depuis le 1er janvier 2019, les particuliers ne peuvent utiliser que des produits naturels. 

« Je souhaite qu’on aille plus loin et qu’on interdise tous ces usages non agricoles avant cet été », a-t-elle annoncé.

Parmi les « usages non agricoles » souvent montrés du doigt par les associations, il y a l’utilisation massive de glyphosate par la SNCF pour le désherbage des voies de chemin de fer.