Ne plus laver son linge pour protéger la planète ? Lecture : 8 min
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Ne plus laver son linge pour protéger la planète ?

Des marques de vêtements se lancent dans la création de linge moins salissant pour éviter de faire des machines régulièrement. Si le projet semble louable sur le plan écologique, sera-t-il bien accueilli par les consommateurs ?


Pourquoi laver ses vêtements est un fléau pour la planète ?

Consommation d’eau, mais aussi d’énergie, rejet d’eaux polluées par les produits chimiques, etc. Les machines à laver ne sont pas vraiment les meilleures amies de l’écologie. En effet, l’appareil en lui-même est extrêmement consommateur. Mais surtout, les lessives et adoucissants utilisés n’arrangent pas les choses.

Souvent composés de produits chimiques et détergents hautement allergènes, voire toxiques, les produits de lavage ont plusieurs fois été épinglés par l’association de consommateurs UFC Que Choisir.

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© Magazine GreenLife

En partant dans les égouts, les fameux BIT (benziothiazoline) et MCIT (méthylchloroisothiazolinone) responsables d’allergies, vont aller polluer les nappes phréatiques et les rivières, engendrant la disparition de la faune et de la flore aquatique. Cela se confirme qu’il s’agisse de lessive en poudre, liquide ou solide. De même, les contenants en plastique des lessives liquides sont à usage unique et finissent bien souvent dans les cours d’eau et sur les plages.  

Les Français et les lessives

D’après les chiffres du planetoscope, les Français font 7,3 milliards de machines par an, soit environ 231 par seconde. Cela représente une machine par jour ouvré de la semaine, nécessitant 40 kg de lessive et 10 000 litres d’eau par an.

Par ailleurs, pour éradiquer les idées reçues sur le sujet, le linge n’a plus besoin d’être bouilli pour être propre. En effet, les lessives nettoient dès 30°C. Laver son linge à des températures plus importantes n’est donc pas nécessaire et ne fait qu’engendrer une surconsommation électrique comme le précise l’A.F.I.S.E (Association française des industries de la savonnerie, de la détergence et des produits d’entretien).

 

 

Quelles sont les alternatives ?

Il existe des alternatives aux lessives conventionnelles. Celles-ci sont plus saines et ont un impact quasi nul sur la planète. Pour cela, rien ne vaut les lessives écologiques, voire les lessives faites maison ici.

Utilisées depuis des milliers d’années, les noix de lavage que l’on insère dans le linge à la place de la lessive sont idéales et non toxiques. Elles sont naturelles puisqu'elles proviennent d’un arbre appelé le Sapindus Mukorossi (arbre à savon). Elles sont dégraissantes et assainissantes, un cadeau de mère Nature pour laver son linge de façon responsable.

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Mais bien sûr, cela ne concerne que les lessives… Le problème reste donc entier concernant l’utilisation d’eau et d’énergie…

Des vêtements qui se salissent moins

Certaines marques se sont penchées sur la question… Et elles auraient trouvé une solution pour réduire le nombre de machines effectuées chaque jour dans le monde entier.

Elizabeth Segran, journaliste mode américaine a annoncé dans le magazine FastCompany que les industriels faisaient croire à tort, que le linge avait besoin d’être lavé régulièrement. Un discours qui n’est pas passé inaperçu, puisque quelques marques ont décidé de créer des vêtements moins salissants pour mettre le lave-linge au repos.

Wool & Prince pionnier des vêtements moins salissants

La gamme Wool & Prince a été développée par l’américain Mac Bishop. Il propose des vêtements à laver moins fréquemment. Avant de se lancer dans cette aventure, il travaillait pour Unilever, une firme internationale fabricant tous types de produits et notamment de la lessive. Il maîtrise donc parfaitement son sujet.

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© Wool & Prince

Il rejoint d’ailleurs le discours de la journaliste en accusant lui aussi les fabricants de lessives à volontairement faire croire que les vêtements devaient être lavés après avoir été portés. Pour lancer sa gamme, il est parti du principe que ce qui salissait vraiment les vêtements était en général les taches… Petit rappel, la sueur ne devient problématique et odorante que lorsqu’elle est absorbée par des tissus non respirants

Wool & Prince ne propose que des vêtements en laine. Il s’agit d’un matériau naturellement respirant et régulant la température corporelle. En effet, la transpiration ne reste pas dans le tissu et la laine a tendance à réguler la température du corps, comme elle le fait avec les animaux d’où elle provient.

Un créneau exploité par de nombreuses marques

La mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. Outre Wool & Prince, d’autres marques se lancent dans l’aventure « washing less ». Toutes utilisent également la laine pour concevoir leurs produits.

Allbirds est une marque américaine de chaussures. Elle a conçu les premières baskets en laine ou en « arbres » que l’on peut porter sans chaussettes, sans risquer l’odeur de fromage ni les champignons.

Women's Tree Runners - Kauri Marine Blue (White Sole)

© Allbirds

Unbound Merino utilise la laine mérinos pour fabriquer tant les t-shirts que les sous-vêtements ou les chaussettes de sa gamme. Il s’agit de la meilleure des laines au monde, pour ses capacités à évacuer la transpiration et l’humidité.

Merino Wool Crew Neck T-Shirt

© Unbound Merino

Organic Basics est une marque danoise de sous-vêtements en nylon recyclé. Créée par 4 amis, cette petite entreprise mise tout sur sa lingerie que l’on peut porter plusieurs semaines sans la laver. Traité à l’argent, le nylon est à même de tuer 99,9% des bactéries, tout en éliminant les odeurs. Un procédé qui est déjà utilisé par la NASA pour purifier l’eau des astronautes.

© Organic Basics

La solution pour demain ?

Si les arguments avancés par lesdites marques semblent plutôt convaincants, qu’en est-il en pratique ? À ce titre, la journaliste de l’article du FastCompany a avancé porter le même t-shirt Unbound Merino depuis 2 semaines sans l’avoir lavé une seule fois. Pas sûr que les consommateurs aient le même engouement…

Les habitudes sont difficiles à perdre et surtout celles concernant l’hygiène. Un linge qui sent encore et toujours bon est pour beaucoup, gage de propreté. Pourtant, il n’en est rien. Les parfums des lessives sont souvent artificiels et peuvent être très agressifs pour les peaux sensibles, comme pour l’environnement.

Quels sont les potentiels clients de ce genre de produit ?

La première cible de ce type de vêtements non salissants reste les adeptes de voyages et de minimalisme. En effet, un vêtement qui se salit moins vite rime forcément avec une valise allégée ! Un argument de taille qui pourrait séduire nombre de vadrouilleurs.

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Les personnes appliquant un mode de vie minimaliste sont aussi ciblées par les fabricants de vêtements non salissants. Selon leurs préceptes, « le moins fait tout ». En d’autres termes, moins faire de machines peut donc être un argument intéressant pour les séduire.

Contre toute attente, ce ne sont pas les hommes, mais les femmes qui semblent plus intéressées par l’idée des vêtements moins salissants. En effet, Mac Bishop a proposé des robes à 128 dollars à porter durant 100 jours sans la laver. Les participantes relevant le défi avaient le privilège de pouvoir gagner ladite robe. Son offre a dû être revue à la baisse tellement le nombre de candidates était élevé !