Faire de la permaculture chez soi simplement Lecture : 6 min
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Faire de la permaculture chez soi simplement

Envie de vous lancer dans l'aventure de la permaculture ? Voici 5 astuces faciles à appliquer pour cultiver votre potager au naturel !


On entend beaucoup parler de permaculture… Un terme parfois employé à tort et à travers par les adeptes de la tendance New Age pour désigner de jolis potagers de balcons parisiens. Ceci est bien évidemment très réducteur, et est surtout tout à fait inexact, car il s’agit là d’un sujet bien plus vaste ! Voici donc un aperçu de ce qu’est réellement la permaculture, mais aussi comment vous en inspirer pour vos propres cultures urbaines ou en pleine terre. 

Qu’est-ce que la permaculture ? 

Le mot “permaculture” résulte de la contraction de deux mots : permanent et agriculture. L’agriculture permanente est décrite comme telle au début du XXe siècle par Cyril G. Hopkins. Il désigne alors cette méthode comme étant une manière de cultiver sans altérer la fertilité des sols. Le terme de permaculture apparaît ensuite pour la première fois dans un ouvrage datant de la fin des années 70. Intitulé Permaculture One, et co-écrit par Bill Mollison et David Holmgrence livre pose clairement le concept de permaculture et étend alors le concept en allant jusqu’à l’auto-suffisance des exploitations. 

Dans leur livre, Bill Mollison écrit ainsi : “le but est de développer des modes de vie et de fonctionnement qui ne nuisent pas à l'environnement et qui soient viables économiquement, qui subviennent à leurs propres besoins, qui n'abusent ni des humains ni du vivant, qui ne polluent pas la terre.”

 

Il faut alors comprendre que la permaculture en tant que telle signifie avant tout revoir notre mode de pensée concernant nos cultures. Il s’agit en effet de produire de quoi se nourrir de manière éco-responsable, sans excès, et toujours dans l’optique d’avoir un impact environnemental le plus minime possible, voire positif. Cela exclut donc de facto l’agriculture intensive que nous connaissons aujourd’hui. C’est à partir de cette définition que vous pouvez vous aussi faire en sorte que votre potager tende le plus possible vers cette manière de cultiver respectueuse de l’environnement.

Les principes de base à adopter pour votre potager 

Maintenant que vous savez à quoi correspond réellement le concept global de permaculture, voici quelques astuces qui vous permettront de repenser votre potager ou vos cultures de manière plus générale. 

Avant toute chose, planifiez l’agencement de votre jardin

Le premier principe à appliquer est de recenser les cultures que vous souhaitez commencer et leurs besoins respectifs. C’est à partir de ce point précis que vous pourrez alors organiser vos plantations. Il vous faudra alors les agencer de manière à ce que chaque espèce dispose de ce dont elle a besoin (eau, lumière, espace). L’idée étant d’utiliser le moins d’espace possible pour un rendement optimal de l’ensemble de votre potager. Parallèlement à cela, pensez aussi aux associations positives, aussi appelées compagnonnage des cultures.  

Associez intelligemment les cultures

Pour augmenter le rendement de votre potager au mètre carré ou tout simplement éloigner les nuisibles, pratiquez les associations de cultures ! Ces associations peuvent être de deux types : allélopathiques ou dites « dans le temps et dans l’espace ». Les compagnonnages allélopathiques consistent à associer des plants dont l’action biochimique de l’un bénéficie à l’autre. L’autre type d’association consiste à prendre en compte la manière dont pousse le plant afin d’en tirer un avantage pour une autre sorte de culture. Voici un exemple très connu d’association positive appelé milpa, un trio composé de maïs, haricot et courge. Le maïs sert de tuteur au haricot tout en captant l’azote, et la courge recouvre le sol, afin de le protéger de la chaleur. 

Ne laissez pas le sol à nu 

Voici une autre base importante en permaculture : le mulching, ou paillage du sol. Il s’agit de toujours recouvrir la terre, afin de conserver son humidité le plus longtemps possible, diminuant ainsi les arrosages. Le mulch peut être composé de matières minérales (pierres, cailloux …), végétales (paillage, copeaux …) ou encore de cultures au sol (comme les courges de l’exemple ci-dessus). Le mulch organique permet en plus de nourrir le sol en le fertilisant et de mieux absorber l’eau de pluie ou d’arrosage. En effet, un sol forestier retient jusqu’à 150 fois plus d’eau qu’un sol non recouvert. 

Récupérez et recyclez les ressources

Encore un dernier grand principe à appliquer pour votre potager : l’auto-suffisance. Ainsi, il va de soi que la question de la gestion de l’eau de pluie se pose rapidement. Cette ressource, essentielle, est idéale pour vos plantations. Aussi, vous voudrez faire en sorte de la récupérer. Pour cela, achetez (ou récupérez !) tout simplement des cuves à placer en sortie de gouttière. Vous trouverez aisément dans le commerce des contenants et autres raccords pour mettre en place votre installation facilement. Utilisez ensuite cette eau pour l’arrosage de votre potager pour les périodes connaissant moins de précipitations. 

L’expérience en guise d’apprentissage

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, c’est qu’en permaculture, le but sera toujours de tirer parti de ce que la nature offre. De nombreux ouvrages, et même maintenant de nombreuses formations sont organisées un peu partout en France pour apprendre les techniques de permaculture. Chacun a ses propres astuces, ses propres techniques à enseigner. 

Si vous vous lancez dans l’aventure du potager au naturel, vous ferez naturellement quelques erreurs. Ce sont ces échecs qui vous permettront par la suite d’enrichir votre expérience, et de réussir là où vous avez échoué une première fois. C’est aussi l’un des plaisirs de la permaculture en autodidacte : se voir progresser, et transmettre à son tour ses propres apprentissages. 

Il y aurait encore énormément de choses à dire sur la permaculture… Mais une chose est sûre : dès lors que vous y aurez goûté, vous aussi, vous serez tenté d’expérimenter vos propres associations, vos propres agencements. Car c’est là toute la beauté de cette manière de jardiner : toujours essayer de se rapprocher de ce que fait si bien la nature, pour la sublimer.