Mobilisation pour une législation contre les polluants persistants Lecture : 3 min
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Mobilisation pour une législation contre les polluants persistants

Les écologistes mettent en avant des tests de présence de substances toxiques pour plaider en faveur de l'interdiction des polluants dits éternels. Leur proposition de loi sera débattue début avril à l'Assemblée nationale.

Les substances chimiques à perpétuité, souvent présentes dans notre quotidien à travers des objets comme les batteries, le matériel anti-incendie, ou les ustensiles de cuisine antiadhésifs, sont dans le collimateur des parlementaires écologistes. Ces composés, connus sous l'appellation de polluants organiques persistants (POP), attirent l'attention en raison de leur pérennité dans l'environnement et leur impact sur la santé, se retrouvant liés à diverses pathologies telles que le cancer, les troubles de la fertilité ou des maladies cardiaques.

L'élaboration d'une loi visant à prohiber ces substances toxiques fait l'objet de discussions au sein de l'Assemblée nationale. Menés depuis plus d'un an par des parlementaires sensibles à l'enjeu environnemental, des examens sur des échantillons d'eau et des analyses capillaires révèlent un niveau inquiétant de contamination chez l'ensemble des individus testés. À l'initiative de la proposition de loi, le député écologiste de la Gironde, Nicolas Thierry, prévoit de divulguer de récents résultats concernant la présence de ces polluants dans les cheveux de certaines figures publiques, à l'image de l'animateur Nagui ou du champion d'athlétisme Kevin Mayer.

Parallèlement, des échantillonnages de l'eau potable de différentes communes françaises mettent en évidence la présence de ces polluants aux effets néfastes sur la santé humaine et l'environnement.

Pour une législation drastique et des solutions alternatives

Face à la découverte de ces substances préoccupantes chez quasiment tous les participants testés, à l'exception de quatre sur un échantillon de 150 personnes, les écologistes militent en faveur d'un bannissement rapide et catégorique des produits contenant ces polluants quand des alternatives existent. Nicolas Thierry cible notamment quatre domaines pour une interdiction d'ici mi-2025, notamment les emballages alimentaires, les produits cosmétiques, les vêtements et certains produits de glisse pour les sports d'hiver, sous le prétexte qu'il « existe déjà des solutions de substitution ».

Le projet de loi envisage un retrait définitif de ces substances pour 2027, mais avec des exceptions pour des usages jugés indispensables, comme certains produits médicaux. Les initiateurs du texte législatif souhaitent également imposer le contrôle systématique de l'eau potable pour ces contaminants et introduire une responsabilité financière des industriels à l'origine de pollutions massives pour financer le nettoyage des ressources en eau.

Les enjeux politiques d'une proposition de loi controversée

Alors que la date de l'examen parlementaire du texte se rapproche, à paraître le jour dédié aux propositions écologistes, les défenseurs de l'environnement espèrent rallier des soutiens supplémentaires à travers les différents groupes parlementaires.

Toutefois, la majorité gouvernementale pilote déjà ses propres initiatives concernant ces polluants, avec un rapport commandité à un député de la majorité, Cyrille Isaac-Sibille, qui présente des recommandations en affinité avec celles de la proposition écologiste. Ceci augmente la possibilité d'une adhésion partielle ou complète du gouvernement au projet. Cependant, les écologistes restent prudents, craignant que des motifs politiques n'entravent le soutien gouvernemental à leur cause.

Source image : https://unsplash.com/